Il y a, dans notre République, une maladie plus dangereuse que l’inflation et plus corrosive que le déficit budgétaire : la haine aveugle. Elle se nourrit de suppositions. Elle prospère sur Facebook. Elle condamne sans instruction. Et elle frappe souvent ceux qui parlent peu. Aujourd’hui, je veux parler d’un homme dont beaucoup parlent… sans l’avoir rencontré, sans avoir travaillé avec lui, sans même avoir étudié son parcours. Un homme discret, méthodique, technocrate pur jus, que certains attaquent non pas pour ses actes prouvés, mais parce qu’il occupe une position stratégique.
1. Le parcours n’est pas une opinion, c’est un faitOn peut aimer ou ne pas aimer un régime.On peut soutenir ou combattre un président. Mais on ne peut pas réécrire un CV sérieux pour satisfaire une émotion.Passer par PwC — l’un des plus grands cabinets d’audit au monde — ce n’est pas un slogan.Évoluer dans un groupe comme Nestlé Congo, ce n’est pas un hasard. Revenir comme manager fiscal et juridique, ce n’est pas de la figuration. Ce sont des trajectoires construites dans la rigueur, la fiscalité, la gouvernance d’entreprise. Ensuite, intégrer la haute administration. Diriger un cabinet ministériel. Piloter l’ANAPI. Représenter le pays à l’international. Être élu président du Réseau international des agences francophones de promotion des investissements. Cela ne relève pas de la rumeur. Cela relève de la compétence reconnue par des pairs internationaux.
2. La RDC a-t-elle un problème avec ses technocrates ?
Notre pays souffre d’un paradoxe dangereux : Quand un cadre est médiocre, on dit : “Voilà le Congo.”Quand un cadre est compétent, on dit : “Il y a forcément quelque chose derrière.
”Nous sommes devenus incapables de concevoir qu’un Congolais puisse réussir par le travail et la discipline. Un technocrate discret dérange parce qu’il ne crie pas. Il ne fait pas de meeting.Il ne distribue pas des billets au carrefour. Il travaille dans les dossiers, dans les chiffres, dans les arbitrages. Et dans un pays où la politique est souvent spectaculaire, la sobriété est suspecte.
3. Haïr sans connaître : symptôme d’une société émotionnelle. La haine aveugle est un raccourci intellectuel.
Elle évite l’analyse. Elle évite la preuve. Elle évite la nuance. Beaucoup critiquent cet homme non pas pour une décision précise, un contrat précis, un acte prouvé — mais parce qu’il est proche du pouvoir. Or, en économie comme en droit, la responsabilité est individuelle et factuelle. On juge sur pièces, pas sur proximité. Si faute il y a, qu’on l’établisse.Si erreur il y a, qu’on la démontre. Mais accuser sans élément, c’est participer à la dégradation du débat public.
4. La fonction présidentielle : une machine lourde
Piloter la machine présidentielle d’un pays comme la RDC n’est pas un poste décoratif. C’est de la coordination stratégique. C’est de l’arbitrage institutionnel. C’est de la gestion de crises permanentes. Ce rôle exige discipline, sang-froid et technicité. On peut contester des orientations politiques. On peut critiquer des résultats macroéconomiques. Mais confondre l’homme et le système relève de la facilité.
5. Le vrai débat
Le vrai débat n’est pas : “Faut-il l’aimer ?
”Le vrai débat est : “Est-il compétent ? Est-il intègre ? Ses décisions produisent-elles des résultats mesurables ?
”La République a besoin de critiques structurées, pas d’anathèmes.Un pays qui détruit systématiquement ses profils techniques finit par n’avoir que des populistes bruyants.
6. Le silence est parfois une forceDans une époque où tout le monde s’exhibe, l’homme discret devient suspect.Mais l’histoire montre que les bâtisseurs parlent peu et travaillent beaucoup.
La discrétion n’est pas la faiblesse.C’est parfois la condition de l’efficacité.
Conclusion de CLBB
Je ne défends ni un camp, ni une personne par émotion. Je défends un principe :On critique avec des faits.On accuse avec des preuves. On respecte les parcours construits par le travail. La haine aveugle ne construit pas une nation.
La rigueur, si.À défaut d’aimer nos élites, apprenons au moins à les juger avec intelligence.
CLBB


