La santé maternelle n’est plus un slogan politique, mais un chantier structurant de l’action publique. Lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des Ministres, présidée à la Cité de l’Union Africaine par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi a élevé le ton : la gratuité des accouchements et des soins du nouveau-né doit être durablement financée, sans rupture, sans retard, sans fragilisation.
Une réforme sociale à fort impact
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Lancée le 5 septembre 2023 dans le cadre de la Couverture Santé Universelle, la gratuité des accouchements constitue l’une des mesures sociales les plus emblématiques du quinquennat. Son ambition est claire : réduire drastiquement la mortalité maternelle et néonatale, encore préoccupante dans plusieurs provinces du pays.
Concrètement, le programme prend en charge : Les consultations prénatales essentielles, l’accouchement normal ou par césarienne, les complications obstétricales, les soins du nouveau-né, y compris les cas de prématurité.
Les résultats sont significatifs : des millions d’accouchements réalisés sans paiement direct par les familles, des milliers de nouveau-nés sauvés grâce à une prise en charge gratuite, et une fréquentation accrue des structures de santé publiques.
Cette avancée a contribué à restaurer la confiance entre les populations et le système sanitaire, notamment dans les zones urbaines défavorisées et les provinces enclavées.
Un financement à consolider
Jusqu’ici, le programme repose sur un double levier financier : le trésor public congolais et le programme Multisectoriel de Nutrition et Santé (PMNS), soutenu par la Banque mondiale.
Ce partenariat a permis un déploiement rapide et massif. Mais l’augmentation constante du nombre de bénéficiaires exerce une pression croissante sur les ressources disponibles.
Le Président de la République redoute un scénario dangereux : l’accumulation d’arriérés de paiement aux hôpitaux et centres de santé. Une telle situation pourrait provoquer : une démotivation du personnel soignant ; baisse de la qualité des services ; le retour des paiements informels et une rupture de confiance avec les populations.
C’est précisément pour prévenir ce risque que le Chef de l’État a exigé des solutions urgentes et pérennes.
Une mobilisation gouvernementale immédiate
La Première Ministre est désormais chargée de coordonner, avec les ministres du Budget, des Finances et de la Santé, un plan de sécurisation financière du programme.
Plusieurs pistes sont envisagées notamment, la réaffectation budgétaire prioritaire, la mobilisation accrue des ressources internes, l’ Implication de nouveaux partenaires techniques et financiers et les mécanismes innovants de financement de la santé.
L’objectif n’est pas seulement de maintenir le programme, mais de l’inscrire durablement dans l’architecture budgétaire nationale, comme un droit social garanti.
Un enjeu de souveraineté sociale
Au-delà des chiffres, la gratuité des accouchements incarne un choix politique : celui de placer la vie au cœur des priorités nationales. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et économiques, maintenir cet acquis relève d’un signal fort envoyé aux ménages congolais.
En sécurisant le financement, le Gouvernement veut éviter que la gratuité ne devienne une mesure fragile dépendante d’appuis extérieurs. Il s’agit de transformer un programme social en pilier structurel de la protection sociale congolaise.
Une étape décisive
La décision présidentielle marque une nouvelle phase : celle de la consolidation. Après l’expansion, vient le temps de la stabilisation et de la durabilité.
Pour Félix Tshisekedi, la santé maternelle n’est pas négociable. Garantir à chaque femme congolaise un accouchement sécurisé, sans barrière financière, et offrir à chaque nouveau-né une chance de survie digne, constitue désormais un impératif d’État.
La bataille contre la mortalité maternelle et néonatale continue mais cette fois, avec l’exigence claire d’un financement blindé et soutenable.
NGK





