Le couperet est tombé. Jean-Paul Mboma Muyuku, inspecteur général du Travail, a été suspendu à titre conservatoire de toutes ses fonctions par le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebua, à la suite de propos jugés discriminatoires, régionalistes et à caractère séparatiste, largement relayés sur les réseaux sociaux.
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La décision ministérielle intervient après la diffusion d’une vidéo devenue virale, dans laquelle le haut cadre de l’Inspection générale du Travail est accusé d’avoir tenu des propos ouvertement xénophobes à l’endroit de certains collaborateurs présentés comme originaires de l’espace Katanga. Dans cette séquence choquante, des agents auraient été sommés de « rentrer chez eux, à Lubumbashi, dans les 48 heures », leur origine ethnico-géographique étant érigée en critère d’exclusion au sein d’un service public national.
Tolérance zéro face à la haine et à la division
Dans un ton ferme, le VPM de la Fonction publique a condamné sans ambages ces déclarations qu’il qualifie de graves, inacceptables et contraires aux valeurs fondamentales de la République.
« J’ai décidé de suspendre de toutes ses fonctions Monsieur Mboma Muyuku Jean-Paul », a déclaré le ministre, évoquant des propos discriminatoires et régionalistes incompatibles avec les responsabilités d’un haut fonctionnaire de l’État.
Plus sévère encore, la réaction officielle souligne que ces faits constituent une violation caractérisée de plusieurs textes juridiques majeurs, notamment les articles 13, 51 et 66 de la Constitution de la RDC, ainsi que de l’ordonnance-loi n°66-342 du 7 juin 1966, qui réprime la haine tribale et régionale.
Une atteinte à l’unité nationale
Pour les autorités, au-delà du cas individuel, ces propos révèlent une dérive institutionnelle grave, susceptible de porter atteinte à l’ordre constitutionnel, à la cohésion nationale et au vivre-ensemble, socles de l’État congolais.
Le ministère évoque des actes pénalement répréhensibles, appelant à des sanctions exemplaires, « sans la moindre complaisance », conformément aux lois de la République.
Un signal fort de l’État
Cette suspension conservatoire est perçue comme un signal fort envoyé par le gouvernement, déterminé à combattre toute forme de xénophobie, de tribalisme ou de régionalisme au sein de l’administration publique. Dans un contexte national marqué par la recherche de l’unité et de la stabilité, l’affaire Mboma relance le débat sur la responsabilité éthique des hauts cadres de l’État et la nécessité d’un service public fondé sur l’égalité, la neutralité et le respect de tous les citoyens.
NGK





