Sous les voûtes solennelles de la cathédrale Notre-Dame du Congo, la nation congolaise a rendu ce samedi 07 février, un dernier hommage à Roland Gilbert Okito Lumumba, fils du tout premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, Patrice Emery Lumumba, décédé le 28 janvier 2026 dans la capitale congolaise.

Dans une homélie empreinte d’émotion et de gravité historique, le cardinal Fridolin Ambongo a retracé le parcours bouleversant d’un homme façonné très tôt par l’épreuve. « Dès l’âge de trois ans, avec sa famille, il a quitté Kinshasa après la mort de son géniteur, confronté à l’exil, aux combats, aux blessures de l’histoire », a rappelé le prélat. Une enfance fracassée, mais qui n’a jamais brisé l’essentiel : la foi en l’homme, la quête de justice et l’aspiration à la paix.
Loin des cris et des règlements de comptes, Roland Lumumba a choisi une autre voie. « Il a su demeurer confiant, généreux, défendant l’esprit de son père sans vengeance », a souligné le cardinal Ambongo. Une fidélité discrète mais constante à l’idéal lumumbiste, faite de dignité, de retenue et de profondeur morale.

À cette messe de suffrage, la Première ministre Judith Suminwa a représenté le Président de la République, Félix Tshisekedi, marquant ainsi l’hommage officiel de l’État à celui qui incarnait, sans tapage, une part vivante de la mémoire nationale.
Architecte, avocat, député national, Roland Gilbert Okito Lumumba fut avant tout un homme calme et attentif, un bâtisseur humaniste, selon les mots du cardinal, il était « un refuge pour les artistes, les jeunes, et pour tous les blessés de l’histoire atroce de notre pays ». Un homme de silence, mais de présence ; de discrétion, mais d’impact.

« Que tout ce qu’il a été puisse demeurer », a exhorté le cardinal Ambongo, appelant à ce que l’existence de Roland Lumumba continue à porter de bons fruits après son départ. En quittant cette terre, le fils cadet de Patrice Lumumba laisse derrière lui bien plus qu’un nom : un héritage d’humanité, de paix intérieure et de fidélité à une mémoire sans haine.
Ainsi s’éteint un témoin. Mais demeure une leçon : celle d’un homme qui a marché longtemps sur une route difficile, en choisissant la paix là où l’histoire lui offrait la colère.
Glad NGANGA


