La tourmente gagne une nouvelle institution stratégique de l’État. Après la mise en accusation puis la suspension du directeur général de l’OGEFREM par le VPM Bemba, c’est désormais l’Office Congolais de Contrôle (OCC) qui vacille. Son directeur général, Étienne Tshimanga, se retrouve dans la ligne de mire du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, dans une affaire qui mêle soupçons de gouvernance opaque et pertes financières massives pour le Trésor public.
Selon les griefs formulés par le ministère de tutelle, la direction générale de l’OCC aurait supervisé l’installation d’un système informatique parallèle destiné à la gestion du contrôle des importations. Ce dispositif, présenté comme non conforme aux protocoles officiels de l’établissement, aurait opéré en marge des circuits institutionnels, notamment au niveau de la Direction provinciale de Matadi et dans le Haut-Katanga.
Pour le ministère du Commerce extérieur, les implications sont lourdes. La coexistence de deux systèmes de contrôle aurait fragilisé la traçabilité des opérations et ouvert la voie à des pratiques préjudiciables aux finances publiques. Le manque à gagner est estimé à 25 millions de dollars américains pour le seul exercice 2025, un chiffre qui place l’affaire à un niveau critique de gravité.
À cela s’ajoutent des accusations relatives à l’émission de fausses attestations de vérification (AV). Pas moins de 6.640 dossiers seraient concernés, des documents qui, toujours selon la tutelle, auraient été délivrés sous la supervision directe de la direction générale de l’OCC, accentuant les soupçons de dysfonctionnement systémique.
Face à ces allégations, Étienne Tshimanga est désormais tenu de répondre. Dans une correspondance officielle, le ministre Julien Paluku lui accorde un délai de 20 jours pour fournir des explications « écrites et documentées », tant sur l’existence et le fonctionnement du système informatique parallèle que sur l’évaporation présumée des recettes issues des opérations de contrôle.
Au-delà de la personne du directeur général, cette affaire révèle une inflexion politique claire : la tolérance zéro face aux zones d’ombre dans la gestion des entreprises publiques. Après l’OGEFREM, l’OCC devient à son tour le symbole d’une offensive plus large contre les pratiques jugées contraires à l’orthodoxie financière de l’État. Une séquence où les directeurs généraux ne sont plus seulement des gestionnaires, mais des comptables appelés à répondre, chiffres à l’appui, de chaque décision engageant l’argent public.
La Rédaction





