29 janvier 2021 – 29 janvier 2026.
Cinq ans après la démission de Sylvestre Ilunga Ilukamba, premier Premier ministre du régime de Félix Tshisekedi, le bilan comparatif des gouvernements successifs éclaire l’évolution mais aussi les limites de l’action publique en RDC.
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Ilunga Ilukamba, le Premier ministre de la cohabitation
Nommé en 2019, Ilunga Ilukamba dirige le gouvernement du premier quinquennat du régime Tshisekedi sous la coalition FCC–CACH, dominée par le camp de l’ancien régime. Son équipe, pléthorique (environ 65 membres), fonctionne sous contrainte politique permanente.
Son principal acquis reste le lancement de la gratuité de l’enseignement primaire, ainsi qu’une relative stabilité macroéconomique et la gestion des débuts de la Covid-19. Mais l’exécutif souffre d’une paralysie décisionnelle chronique, aggravée par des conflits internes, notamment la démission forcée du ministre de la Justice Célestin Tunda Ya Kasende, symbole de la guerre froide entre la Présidence et la Primature. Ilunga quitte le pouvoir emporté par l’implosion de la coalition.
Sama Lukonde, l’Union sacrée à l’épreuve
Avec Jean-Michel Sama Lukonde (2021-2024), Tshisekedi reprend la main. Le gouvernement, ramené à environ 56 membres, incarne l’ère de l’Union sacrée.
Sama Lukonde I et II stabilisent l’environnement politique, relancent la diplomatie et engagent certaines réformes judiciaires. Mais les attentes économiques restent largement insatisfaites. Le retrait de cadres proches de Moïse Katumbi et surtout le décès tragique de Chérubin Okende assombrissent le climat politique et marquent durablement ce cycle gouvernemental.
Judith Suminwa, l’autorité sous pression
Première femme Premier ministre, Judith Suminwa Tuluka arrive en 2024 avec un gouvernement légèrement plus resserré (environ 54 membres). Elle mise sur la rigueur, la discipline et l’efficacité.
Son mandat est toutefois marqué par des tensions internes, notamment son bras de fer avec le ministre de la Justice Constant Mutamba, révélateur d’un leadership plus frontal dans un contexte d’usure du pouvoir et de forte exigence sociale.
Un pouvoir en quête de résultats
Cinq ans après Ilunga Ilukamba, la RDC est passée de la cohabitation politique à la majorité présidentielle, sans que l’efficacité gouvernementale ne progresse à la hauteur des attentes. La gratuité de l’enseignement primaire : la mesure phare du quinquennat, toujours en application, reste l’un des rares legs concrets d’Ilunga. La taille des gouvernements a diminué, mais le défi demeure : transformer la stabilité politique en résultats tangibles pour la population.
Glad NGANGA





