Kula Mambo et Stervos Niarkos, deux grands noms qui ont marqué les kinois vers les années 80. Ces deux figures des années mouvementées de Kin la belle qui paraissent, jusqu’à ce jour très mystérieuses parce que très chantées et immortalisées par des musiciens comme Papa Wemba et autres sans que l’on sache, exactement, ce qu’ils avaient comme statut .

Ces deux hommes étaient liés par une amitié sincère et sans faille. L’aîné et le cadet s’affichaient ensemble dans les rues de Kinshasa. Le premier avait tracé la voie et peaufiné la religion Kitendi, » la sape « , aujourd’hui, « sapologie » que le second, par ses extravagances, avaient porté dans la rue.
Ces deux potes, de leurs vraies identités, sont Kadima Kula Mambo alias Tarzan et Adrien Mombele Samba dit N’gantshie Stervos Niarcos, Mukaravia ,Malela Eddie-Barra, Niarka Kouroubio, papa na Gianni Versace.
Selon ceux qui l’ont connu, Kula Mambo habitait Kintambo et fut un vrai yanké(yankees ) et un sapeur(collecteur des marques d’habits) à sa manière.
C’est d’ailleurs lui qui prêtait ses habits au Ngantsie lorsque celui-ci était encore à Kinshasa. « Niarka » lui vouait un respect et une admiration sans faille.
Pour certains, c’est lui, Kula Mambo, qui est à l’ origine de l’idéologie de la sape entraînant son cadet dans son sillage. Le grand-prêtre est à la fois père spirituel et mentor de Niarcos. Ce dernier n’est que le continuateur de cette religion qu’il a autrefois créée et qui deviendra plus tard la sapologie. Papa Wemba avec son aura l’a propulsée au devant la scène africaine et mondiale.
Kula Mambo avait refusé l’offre de Niarcos de venir vivre en Europe. Il a toujours vécu à Kinshasa faisant parfois quelques escapades à Brazzaville. Grand viveur et ambianceur invétéré, il avait côtoyé les artistes-musiciens. Niarcos aurait repris dans ses chansons certaines de ses paroles et idées.
Kula Mambo a tiré sa révérence en 1985. Pour honorer sa mémoire, Adrien Mombele qui n’a jamais digéré sa disparition lui dédia « Nostalgie personnelle ». Cette chanson d’anthologie a connu la participation de Papa wemba, Bozi et Evoloko.
Les deux furent les mécènes des musiciens des années 80.
La séquence parlée est l’œuvre de Koko Waya : « Ah! Nkaka ozako se rappeler encore na lisolo wana ya vieux Kula? Bakendeki nanu koluka madame Cotilédon. Bakoma kuna, bapesi bango nzungu ya Pondu. Bon, balambi Pondu pona nini ? Football, Petit-frère, nzungu epanzani. Heureusement, mama bakangama lupangu atekaka bamakaku. Makaku pe etikalaki moko ya suka. Balambi pe baleyi, batondi. Mais ndambu etikalaki, lobi na tongo, Vieux Kindukutu aye alie yango. Asanzi petit-frère. Goût na ye te. Nasala nini kasi? Ah! Bakende Kwamouth na makolo bazonga. Balia mitu ya makaku, petit-frère, lelo oyo batonga ba immeubles, ba Sheraton na bamboka lokola ba Miami, ba Texas. Ah! La mort. Kuani tina, tina kuani. Ah! Petit-frère, yebisa Papa Wemba, kitendi botika te. Wana eza religion na biso. Botika te, botika te. »
Ces paroles reprennent les aventures de deux vieux amis qui ont vécu des méandres de la vie et qui ont compris que l’on peut gagner la vie de plusieurs manières, d’où la fameuse trouvaille de Papa Wemba : » chance eloko pamba »!
Ce titre comme bien d’autres donné aux jeunes kinois le goût de se rendre en Europe.
Avec Mbokamosika





