Le porte-parole des Forces armées congolaises, Fardc, le Général major Sylvain Ekenge vient de lire un message à l’intention des éléments de l’armée congolaise capturés lors de la chute de Bukavu et Goma , chefs lieux des provinces du Sud et Nord Kivu et envoyés en formation par l’AFC-M23 soutenus par l’armée rwandaise.
Ce message combien patriotique adressé aux congolais qui ont répondu à l’appel de la mère patrie sous le drapeau trouve un écho dans les lectures proposées par l’église catholique romaine aujourd’hui. Comme à l’époque de l’exile du peuple juif en Babylone, ces hommes et femmes sous le joug de l’ennemi sont appelés à ne pas oublier leur chère patrie et à ne pas la trahir.
Ce passage tiré du livre de Psaume en dit long:
(Ps 136 (137), 1-2, 3, 4-5, 6)
R/ Que ma langue s’attache à mon palais
si je perds ton souvenir ! (cf. Ps 136, 6a)
Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ; aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes.
C’est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux :
« Chantez-nous, disaient-ils,
quelque chant de Sion. »
Comment chanterions-nous, un chant du Seigneur sur une terre étrangère ?
Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie !
Je veux que ma langue, s’attache à mon palais si je perds ton souvenir,
si je n’élève Jérusalem, au sommet de ma joie.
Oublier sa chère patrie, la République démocratique du Congo, Kinshasa, sa capitale a toujours été une chose difficile pour les vrais congolais. De part leur nature, les congolais de souche sont très attachés à leur culture et leurs arts. Le dernier match de leur 11 national au stade des Martyrs en est une illustration.
Il serait absurde, soit difficile de voir un vrai congolais retourner son fusil contre son propre frère.
Un vrai Néhémie pour reconstruire la RDC
Quand l’on parcours la première lecture des textes liturgiques proposés par l’église mère ce 1 octobre, jour de fête patronale dédiée à la Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, une grande figure dans l’histoire de l’église, là aussi, il y a une leçon à tirer. Il est rappelé l’histoire d’un juif, lui aussi, en exil, Néhémie mais qui se soucie de sa terre natale en ruine, Juda. Il obtient l’autorisation du roi qu’il servait pour retourner reconstruire sa nation. Très soucieux de la reconstruction de sa nation et très prévoyant puis ambitieux, il arrive à arracher quelques avantages matériels lui permettant de démarrer sans trop des difficultés sa démarche. Le roi lui accorde tout ce dont il avait besoin : un laisser passer et un permis d’exploitation de bois.
Si tel est le bon plaisir du roi, laisse-moi aller dans la ville où sont enterrés mes pères, et je la rebâtirai. » (Ne 2, 1-8)
Lecture du livre de Néhémie
Moi, Néhémie, j’étais alors échanson du roi.
La vingtième année du règne d’Artaxerxès, au mois de Nissane,
je présentai le vin et l’offris au roi.
Je n’avais jamais montré de tristesse devant lui,
mais ce jour-là, le roi me dit :
« Pourquoi ce visage triste ?
Tu n’es pourtant pas malade !
Tu as donc du chagrin ? »
Rempli de crainte, je répondis :
« Que le roi vive toujours !
Comment n’aurais-je pas l’air triste,
quand la ville où sont enterrés mes pères a été dévastée,
et ses portes, dévorées par le feu ? »
Le roi me dit alors :
« Que veux-tu donc me demander ? »
Je fis une prière au Dieu du ciel, et je répondis au roi :
« Si tel est le bon plaisir du roi,
et si tu es satisfait de ton serviteur,
laisse-moi aller en Juda,
dans la ville où sont enterrés mes pères,
et je la rebâtirai. »
Le roi, qui avait la reine à côté de lui, me demanda :
« Combien de temps durera ton voyage ?
Quand reviendras-tu ? »
Je lui indiquai une date qu’il approuva,
et il m’autorisa à partir.
Je dis encore :
« Si tel est le bon plaisir du roi,
qu’on me donne des lettres pour les gouverneurs
de la province qui est à l’ouest de l’Euphrate,
afin qu’ils facilitent mon passage jusqu’en Juda ;
et aussi une lettre pour Asaph, l’inspecteur des forêts royales,
afin qu’il me fournisse du bois de charpente pour les portes de la citadelle qui protégera la maison de Dieu,
le rempart de la ville, et la maison où je vais m’installer. »
Le roi me l’accorda,
car la main bienfaisante de mon Dieu était sur moi.
Un récit édifiant qui devrait interpeller tout vrai congolais surtout ceux de la diaspora quand l’on voit ce qu’est devenu le pays de Lumumba. Quand l’on traverse les rues et quartiers de la capitale kinoise aujourd’hui, le spectacle est désolant et demande un sursaut pour essayer de sauver le peu qui reste et surtout l’honneur des Congolais. L’on ne peut pas s’imaginer que la route qui reliait les kinois de trois communes, Lingwala, Kinshasa et Barumbu par l’avenue Kabambare n’existe plus que de nom. La même avenue permettait à ces habitants de se rendre au port de l’Onatra et à l’une des grandes brasseries de la place sans compter le quartier névralgique Beaumarchais. L’on ne peut s’imaginer que le solde des militaires au front soit encore détourné.
Les chiffres récents concernant les dépenses de la Présidence de la République Démocratique du Congo (RDC) pour le premier semestre 2025 ont de quoi provoquer une consternation légitime et appellent à une analyse approfondie, écrit un média dans sa livraison de ce mercredi.Selon les états de suivi budgétaire de la Direction des politiques et programmation militaire, relevant du ministère du Budget, ces dépenses se sont élevées à un montant astronomique de 1 217 817 918 853 CDF, soit environ 427,3 millions USD (au taux budgétaire moyen de 2853 CDF pour 1 USD).
Ce qui choque, c’est que ce montant, exécuté en seulement six mois, dépasse déjà très largement les prévisions budgétaires annuelles fixées à 864 634 125 836 CDF (soit 303 millions USD). En d’autres termes, les crédits alloués pour douze mois ont été épuisés, voire dépassés, en une moitié d’année.
De quoi dire qu’il est plus que temps aux vrais congolais de se réveiller pour sauver leur chère patrie en péril.
Mieux vaut tard que jamais !
Sam Nzita


