La rentrée parlementaire 2025 s’ouvre sous le sceau de la controverse. Alors que le pays traverse des défis socio-économiques majeurs, le bureau de l’Assemblée nationale dirigé par Vital Kamerhe a décidé d’accorder d’importants avantages financiers aux députés nationaux, à leurs assistants et même aux députés honoraires. Une concession qui suscite de vives réactions dans l’opinion.
Une rémunération qui s’envole
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Selon des sources internes, la rémunération globale des députés nationaux connaît une hausse considérable : elle passe de 15 750 dollars américains au début de la législature à près de 20 000 dollars aujourd’hui. Deux nouvelles rubriques, représentant l’équivalent de 4 000 dollars supplémentaires, ont été débloquées à la veille de la rentrée.
Assistants parlementaires et pensions : des revendications satisfaites
Le bureau a également procédé à la nomination des assistants parlementaires, satisfaisant sept de leurs huit revendications. Les députés honoraires affiliés au Service de Sécurité Sociale des Parlementaires (SESOPA) bénéficieront désormais d’une pension mensuelle régulière et intégrale, grâce à un réajustement de l’enveloppe budgétaire obtenu auprès du gouvernement.
Un choix politique controversé
Derrière ces mesures, une question cruciale : à quel prix ? Ces avantages, financés par le budget de l’État, alourdissent encore la charge publique au moment où la population attend des réformes concrètes dans les secteurs vitaux comme la santé, l’éducation, l’électricité ou les infrastructures.
Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un nouvel épisode d’enrichissement des élites politiques au détriment du peuple, dans un pays où le salaire minimum interprofessionnel garanti stagne à moins de 100 dollars et où des millions de Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté.
L’épreuve de l’opinion publique
À l’orée de cette session budgétaire, la décision du bureau Kamerhe risque donc d’entamer la crédibilité de l’Assemblée nationale. L’enjeu ne sera pas seulement d’examiner les chiffres du budget 2025, mais aussi de convaincre une opinion publique de plus en plus critique face à ce qu’elle perçoit comme un Parlement déconnecté des réalités du peuple.
NGK





