Ah, mes chers compatriotes ! Voilà donc qu’un homme, enfermé, affaibli, déjà à moitié mort, trouve encore la force d’écrire ce que notre société refuse de regarder en face : l’injustice tue, mais l’hypocrisie enterre deux fois.
La République des hypocrites
Jacky Ndala l’a dit sans détour : « Ne cotisez pas pour mon deuil, ne m’achetez pas de cercueil, ne venez pas jouer les pleureuses professionnelles. » Quelle gifle ! Car il sait bien comment les Congolais fonctionnent : pendant qu’on t’étouffe vivant, personne ne dit mot. Mais dès que tu expires, alors viennent les banderoles, les t-shirts imprimés, les discours enflammés de ceux-là mêmes qui t’ont laissé crever. Un cirque funéraire, financé à coups de cotisations hypocrites.
C’est la République du « Après la mort, on t’aimait beaucoup », alors qu’avant la mort on te traitait comme un criminel.
Des juges sans cœur, des politiques sans dignité
Il les nomme, il les accuse : magistrats, juges, agents de service, politiciens… Tous complices. Oui, complices ! Parce que dans ce pays, la justice n’est pas une balance, c’est une machette. Elle ne pèse pas les faits, elle tranche les têtes qu’on lui désigne. Jacky Ndala paie pour un crime unique : avoir eu des convictions. Dans une République bancale, c’est devenu une infraction capitale.
Quand les esprits remplacent la justice
Faut-il s’étonner que Ndala invoque les ancêtres et les esprits pour juger ses bourreaux ? Quand les tribunaux se transforment en abattoirs politiques, il ne reste plus que la justice invisible. Et croyez-moi, dans ce pays, la justice des esprits voyage plus vite que les 4×4 des ministres.
L’héritage d’un corps « lâche »
Avec une ironie cruelle, il traite son propre corps de « lâche », ce corps qui l’a trahi, qui a cédé. Mais en vérité, c’est l’État qui est lâche. Un État fort avec les faibles et faible avec les puissants. Un État qui laisse mourir un prisonnier politique mais qui déroule le tapis rouge aux voleurs de milliards.
CLBB conclut
Le testament de Jacky Ndala est plus qu’un adieu : c’est un miroir tendu à toute une nation. Et qu’y voit-on ? Des juges marionnettes, des politiciens cannibales, des citoyens complices par leur silence.
On a voulu l’enterrer vivant, mais c’est lui qui enterre l’hypocrisie congolaise dans ses derniers mots.
On a cru réduire sa voix, mais il a transformé son souffle mourant en tonnerre.
Le Kongo survivra, dit-il. Mais survivra-t-il à cette génération de fossoyeurs déguisés en dirigeants ?





