La sonnette d’alarme vient de retentir à la Société congolaise des Postes et Télécommunications (SCPT). L’intersyndicale de l’entreprise a révélé, mercredi 3 septembre, que l’État congolais doit à sa propre société pas moins de 600 millions de dollars américains, dont 54 millions déjà certifiés. Une dette qui, si elle était honorée, pourrait redonner vie à une institution asphyxiée par 65 mois d’arriérés de salaires.
Reçus par le nouveau ministre des Postes et Télécommunications, Me José Mpanda Kabangu, les syndicalistes n’ont pas mâché leurs mots :
« Le gouvernement congolais tue lui-même sa société. Nous sommes totalement négligés », ont-ils dénoncé, pointant du doigt l’absence de financement, la préférence accordée aux sociétés privées, la spoliation du patrimoine immobilier et une concurrence déloyale qui fragilise davantage la SCPT.
Des revendications urgentes
Face à cette situation critique, les représentants du personnel exigent : le paiement immédiat des 54 millions USD déjà certifiés ;
la concrétisation du projet de Banque postale ;
la rétrocession du code téléphonique +243 ;
le respect de l’exclusivité légale pour le transport des colis de 0 à 2 kg ; et la renégociation des contrats jugés léonins signés par la direction générale.
Des agents au bord de l’asphyxie
Selon l’intersyndicale, la situation des travailleurs est intenable : 65 mois sans salaire, dont 12 sous l’actuelle gestion. Beaucoup d’agents sombrent dans la misère, alors même que l’entreprise détient des atouts stratégiques capables de la rendre compétitive si l’État s’acquittait de ses dettes.
Le dossier des PT-NTIC sur la table
Le même jour, le ministre Mpanda a également reçu les syndicalistes de l’Intersyndicale des PT-NTIC. Leurs revendications portent notamment sur : la prime permanente, jugée inégalitaire et payée partiellement ; le manque d’infrastructures et de mobilité pour les agents ; la prise en charge des cas sociaux ; et la gestion des 3% du Fonds de développement du service universel (FDSU).
Face à ces multiples doléances, Me José Mpanda a promis son implication effective pour apporter des solutions « dans la mesure du possible ». Mais sur le terrain, l’impatience grandit. Pour les agents de la SCPT, le salut passe par un geste concret du gouvernement : payer ce qu’il doit.
NGK





