Treize mois après un grave accident de circulation survenu sur la route Matadi, la patience de M. Bienheureux Dieu Mputu est à bout. Victime directe de ce drame et assuré à la Société nationale d’assurances (SONAS), il dénonce aujourd’hui un traitement qu’il juge « indigne » et « révélateur » des dysfonctionnements internes de cette société publique.
Retour sur un accident aux lourdes conséquences
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En décembre 2023, notre rédaction relatait les faits : un camion appartenant à la société Fortune Construction Congo avait violemment percuté plusieurs véhicules, causant d’importants dégâts matériels. Parmi les sinistrés, M. Bienheureux Mputu voyait sa voiture, un SUV TOYOTA Vanguard, complètement déclassée.
Confiant dans le système, il comptait sur la SONAS qui assurait à la fois son propre véhicule et celui de la société fautivepour obtenir rapidement réparation.
De la confiance à la désillusion
Mais 13 mois plus tard, le constat est amer. « Je fais désormais partie de ceux qui pensent que la SONAS doit être dissoute », lâche-t-il, accusant la direction générale et ses collaborateurs de « manque de sérénité et de professionnalisme ».
Cette lenteur dans l’indemnisation, selon lui, illustre la mégestion chronique de la société et la mauvaise gestion des sinistres. Un avis partagé par de nombreux assurés et victimes, qui estiment que la SONAS n’honore plus ses engagements.
Un cas qui relance le débat sur l’avenir de la SONAS
Dans un contexte où le marché de l’assurance est désormais ouvert à la concurrence, M. Mputu va plus loin, « L’État devrait créer une nouvelle société d’assurance publique pour remplacer la SONAS et mandater l’Inspection générale des finances (IGF) pour auditer ses comptes. »

Une mise en demeure qui pèse lourd
Notre rédaction a pu consulter une copie de la lettre de mise en demeure adressée au Directeur régional de la SONAS/Kinshasa par le Cabinet ILAKA. Ce document rappelle que si un sinistre « à double facette » impliquant à la fois une victime et un assuré met plus d’un an à être indemnisé, cela jette un doute sur le traitement réservé aux autres assurés.
Un signal inquiétant pour la confiance des Congolais
Au-delà de ce cas, c’est la confiance des citoyens envers les sociétés d’État qui se trouve fragilisée. « Comment espérer bâtir un climat de confiance si une société financière d’assurance publique prend plus de 13 mois pour indemniser un sinistre évident ? », s’interroge un expert du secteur.
Pour l’instant, la SONAS n’a pas réagi officiellement à ces accusations. Mais le dossier Mputu pourrait bien devenir l’un des symboles d’un appel plus large à la réforme du secteur de l’assurance en République démocratique du Congo.
La Rédaction





