À deux semaines du coup d’envoi du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) 2024, prévu conjointement au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, les Léopards A’ de la République démocratique du Congo traversent une préparation chaotique. Le stage de précompétition à Kinshasa, lancé depuis le 15 juillet, est miné par des problèmes logistiques et des manquements organisationnels graves.
Dans la soirée du vendredi 18 juillet, les joueurs n’ont pas pu effectuer leur séance d’entraînement prévue au stade. En cause : l’absence du bus officiel censé les transporter depuis leur hôtel. Selon des sources concordantes, aucun moyen de transport n’a été mis à la disposition de l’équipe, laissant les joueurs et le staff technique bloqués dans leur lieu d’hébergement.
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Ces dysfonctionnements ne sont pas isolés. La veille, jeudi 17 juillet, les Léopards locaux n’ont pas été servis à temps à l’hôtel, faute de paiement du buffet par la Fédération ou les autorités compétentes. Ce n’est que tard dans la nuit qu’un repas leur a finalement été fourni.
Ces incidents surviennent alors que le sélectionneur Otis Ngoma a déjà publié la liste des 36 joueurs présélectionnés pour cette compétition majeure, réservée exclusivement aux joueurs évoluant dans les championnats nationaux africains. La première phase du stage à Kinshasa doit s’achever le 20 juillet, avant un déplacement prévu en Algérie pour une seconde phase de préparation, du 21 au 30 juillet.
La RDC, qui fait partie du groupe A aux côtés du pays hôte (le Kenya), du Maroc, de l’Angola et de la Zambie, affiche pourtant un palmarès enviable dans cette compétition : deux titres remportés en 2009 et 2016. Une tradition que les Congolais espèrent perpétuer malgré les conditions actuelles peu propices à une préparation sereine.
Depuis sa création en 2009, le CHAN a souvent révélé les limites structurelles de certaines fédérations africaines à gérer efficacement des compétitions de haut niveau. Les cas comme celui des Léopards locaux de la RDC rappellent que, malgré le talent, le professionnalisme et le dévouement des joueurs et encadreurs, le manque d’organisation peut compromettre les ambitions sportives d’un pays.
Va-t-on continuer à assister au même traitement humiliant que celui réservé aux Léopards dames lors de la dernière CAN au Maroc ? Le scénario semble tristement se répéter : précarité, négligence, amateurisme. Et pourtant, le ministère des Sports ne cesse de communiquer sur des partenariats chiffrés en millions de dollars, avec des enveloppes généreusement décaissées par le gouvernement congolais. Où vont ces fonds ? À quoi servent-ils, si ce n’est à masquer une gestion sans vision ni rendement clair, sans retombées visibles et saines pour le sport national ?
Il est temps d’arrêter de faire passer les priorités réelles au second plan au profit de futilités. Il est temps de traiter nos athlètes avec la dignité qu’ils méritent. Car on ne construit pas un football compétitif sur le mépris, l’improvisation et le déni.
Glad NGANGA





