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Le rapport sur la dette Jubilee Report commandé par le Pape François et publié cette semaine propose des pistes sérieuses pour alléger le fardeau de la dette en Afrique. Il plaide également pour plus de justice, de restructurations et de réformes du système financier mondial.
Mais pour un pays comme le Rwanda, le vrai problème se situe bien en amont.
Dans les années 2000, le Rwanda a bénéficié d’un large effacement de dette via l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés). Une remise à zéro censée relancer son développement.
Malheureusement, vingt ans plus tard le pays affiche maintenant 86,3% de dette/PIB, un niveau très critique selon le FMI (juin 2025).
Pourquoi et comment en est on arrivé la ?
Parce que cette dette a été réengagée dans des projets de prestige, peu productifs :
Un aéroport international à 2 milliards $ RwandAir, compagnie aerienne nationale déficitaire depuis sa création
Des infrastructures déconnectées des priorités sociales
Du marketing d’influence à l’étranger
Le service de la dette dépasse aujourd’hui les budgets de la santé et de l’agriculture.
Le Rwanda dépend toujours de l’aide extérieure… tout en creusant une nouvelle dette.
Le JubileeReport dénonce les excès du système financier mondial, mais ne propose aucun garde-fou opérationnel contre la mauvaise dette :
Pas de règle d’or budgétaire
Aucun filtre technique ex ante
Aucune transparence systématique sur les prêts et projets
Effacer la dette n’a aucun sens si c’est pour financer demain les mêmes dérives.
Le Rwanda nous rappelle que la dette n’est qu’un symptôme. Le mal profond, c’est une gouvernance de façade, une économie vitrifiée, et un développement qui ne tient pas compte des priorité du peuple.
Jean-Luc Habyarimana





