C’est un vendredi noir à l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Ce 30 mai, en plein après-midi, un braquage spectaculaire a semé la terreur sur le site universitaire, précisément au bâtiment de la faculté des Lettres et Sciences Humaines.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, un groupe d’hommes armés, arrivés à moto, a pris pour cible le shop de la Rawbank installé au sein de cette faculté. Pour couvrir leur assaut, les malfrats n’ont pas hésité à tirer plusieurs coups de feu en l’air, provoquant une vague de panique généralisée. Deux étudiants, touchés dans le tumulte, ont été grièvement blessés. Ils ont été évacués d’urgence vers la clinique universitaire, où ils reçoivent actuellement des soins intensifs.

La communauté estudiantine, encore sous le choc, crie à l’insécurité et à l’abandon. Ce braquage survient alors même que l’université était en pleine effervescence électorale, avec les scrutins pour les coordinations étudiantes, les chefs de promotions et les délégués facultaires.
Face à cette situation chaotique, la réaction de l’administration n’a pas tardé. Dans un communiqué officiel, le professeur Charles Odiko, secrétaire général académique, a annoncé la suspension immédiate du processus électoral :
« En raison des troubles causés par des bandits armés qui ont perturbé la sérénité sur le site de l’UNIKIN ce vendredi 30 mai vers 15h, le comité de gestion me charge de vous informer que les élections sont annulées. La nouvelle date vous sera communiquée ultérieurement. »
L’incident soulève de sérieuses interrogations sur la sécurité dans les enceintes universitaires de la capitale. Comment des individus lourdement armés ont-ils pu pénétrer un espace censé être protégé ? Pourquoi les forces de sécurité tardent-elles à réagir alors que la menace est bien réelle ? Les étudiants, eux, réclament des réponses – et surtout, des garanties.
En attendant, un climat de peur plane sur le Mont Amba. Le savoir est censé être un sanctuaire. Ce vendredi, il a été violé.
Glad NGANGA





