Les journaux parus ce lundi se concentrent sur deux sujets principaux le Procès Matata avec la Cour constitutionnelle qui fait la leçon au Parlement et la poursuite des conquêtes des localités par l’AFC/M23.
Le ton est monté d’un cran entre deux institutions de la République. La réponse ferme du président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta, à la lettre de Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, fait la une de plusieurs quotidiens. En toile de fond : le procès de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, poursuivi dans l’affaire du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo. Comme le rappelle Le Quotidien, Matata, aujourd’hui député, avait saisi sa chambre pour dénoncer une atteinte à ses droits parlementaires, invoquant l’absence d’une autorisation de poursuite. Kamerhe a alors saisi Kamuleta pour s’y opposer.
Mais Le Potentiel souligne que la Cour ne s’est pas laissé intimider. Dans sa correspondance datée du 3 mai, Kamuleta rejette toute tentative d’ingérence et soutient que l’immunité ne saurait bloquer un procès déjà bien entamé depuis 2022. Info 27 parle d’une « fin de non-recevoir sèche » infligée à l’Assemblée. La Prospérité, elle, y voit un message clair adressé à tous les députés : la justice n’est pas une chambre d’écho du politique. Eco News et Congo Nouveau redoutent un choc des institutions, surtout à l’approche du verdict du 14 mai. Congo Nouveau va plus loin et y voit « une brèche juridique dangereuse qui pourrait demain menacer tout élu de la République ».
Est du pays : l’AFC/M23 rallume la poudrière
Pendant que Kinshasa débat de droit constitutionnel, le feu reprend dans l’Est. D’après Mediacongo.net, les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par Kigali, ont investi depuis le 2 mai la localité stratégique de Lunyasenge, au bord du lac Édouard, dans le territoire de Lubero. Cette avancée militaire relance l’inquiétude, alors même que des pourparlers sont en cours à Doha et à Washington.
Le Potentiel s’interroge : « Que valent les négociations si les armes continuent de parler ? ». Pour sa part, l’Agence congolaise de presse cite un communiqué des FARDC qui dénoncent une « violation flagrante du cessez-le-feu » et affirment être prêtes à riposter sur tous les fronts. Un retour à la case départ, dans un conflit où paix et diplomatie semblent systématiquement torpillées par les faits d’armes.
Glad NGANGA

