Une vague de tensions a secoué le site minier de Kibali Gold Mine à Doko, dans le Haut-Uélé, où des manifestations orchestrées par un groupe de contestataires ont visé directement le Directeur pays de l’entreprise, Cyrille Mutombo. Derrière ce mouvement présenté comme une revendication communautaire, plusieurs observateurs dénoncent plutôt une entreprise de déstabilisation aux motivations politiques et financières.
Vendredi 6 juin, des agitations ont été observées devant le portail principal de Kibali Gold Mine, l’un des plus importants investisseurs et employeurs de la région. Les manifestants, déterminés à obtenir le départ de Cyrille Mutombo, ont même barricadé les accès au site, empêchant certains agents d’accéder à leur lieu de travail et perturbant le fonctionnement normal des activités minières.
Selon plusieurs sources locales, cette mobilisation serait loin d’être spontanée. Elle serait alimentée par des acteurs politiques et des intérêts particuliers qui utiliseraient une partie de la jeunesse locale comme levier de pression dans le cadre de règlements de comptes et d’ambitions personnelles.
Pour les partisans du Directeur pays, les accusations portées contre Cyrille Mutombo peinent à convaincre au regard du bilan qui lui est attribué depuis plusieurs années à la tête des opérations de Kibali en République démocratique du Congo. Ils rappellent que sous son leadership, l’entreprise a multiplié les investissements sociaux et économiques dans la région de Doko, notamment à travers la construction de routes, d’écoles, de centres de santé, ainsi que la création de nombreux emplois directs et indirects.
Ancien responsable des affaires sociales de Kibali Gold Mine avant d’en devenir Directeur pays, Cyrille Mutombo est également présenté comme l’un des artisans de l’intégration des entrepreneurs locaux dans l’écosystème économique de l’entreprise. Plusieurs opérateurs économiques de la région ont vu leurs activités prospérer grâce aux opportunités générées par la présence du géant minier.
Les auteurs de la contestation sont également accusés de vouloir jeter le discrédit sur certains responsables de départements de l’entreprise en menaçant de publier des noms sans preuves établies ni procédures formelles. Une démarche qui inquiète plusieurs acteurs locaux, lesquels redoutent une escalade susceptible d’affecter la stabilité sociale et économique de cette partie du pays.
Alors que les manifestants affirment agir au nom du développement local, leurs détracteurs estiment au contraire que les perturbations visant Kibali Gold Mine risquent d’affaiblir l’un des principaux moteurs économiques du Haut-Uélé. Ils soulignent que le développement durable de la province ne saurait être construit sur la confrontation permanente, mais plutôt sur le dialogue, la coopération et le maintien d’un climat favorable aux investissements.
Pour de nombreux habitants de Doko, le débat dépasse désormais la seule personne de Cyrille Mutombo. Il pose la question de l’équilibre entre les attentes légitimes des communautés et la préservation d’un partenariat économique qui a contribué, au fil des années, à transformer cette cité minière en un important pôle de développement régional.
NGK





