Kinshasa a été le théâtre d’une importante prise de position de l’Église du Christ au Congo (ECC). Réunis en session extraordinaire du 4 au 7 juin 2026 à la Cathédrale du Premier Centenaire Protestant, les membres du Comité exécutif national ont livré une analyse approfondie de la situation que traverse la République démocratique du Congo, marquée par l’insécurité persistante dans l’Est, la résurgence de l’épidémie d’Ebola et les vifs débats autour des réformes constitutionnelles.
Dans leur déclaration finale, les responsables de l’ECC dressent le tableau d’un pays confronté à une crise multidimensionnelle. Ils rappellent que plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent sous l’emprise du M23 soutenu par le Rwanda, tandis que l’Ituri continue de subir les attaques meurtrières attribuées aux groupes armés. Cette situation, soulignent-ils, provoque des déplacements massifs de populations et accentue les souffrances humanitaires.
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À cette crise sécuritaire s’ajoute la menace sanitaire. L’Église rappelle que le gouvernement a officiellement déclaré une nouvelle épidémie d’Ebola, dont l’épicentre se situe en Ituri avant de s’étendre au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Face à cette urgence, l’ECC salue la réaction des autorités et l’implication des différents partenaires dans la riposte. Elle annonce également avoir mis en place une Task Force chargée de contribuer aux efforts nationaux de lutte contre la maladie, tout en appelant la population au strict respect des mesures de prévention afin de stopper la propagation du virus.
Mais c’est surtout sur la question des réformes constitutionnelles que la déclaration était particulièrement attendue. Consciente des tensions que suscite ce débat dans l’opinion publique, l’ECC a choisi d’organiser un échange entre les différentes sensibilités politiques du pays. Des représentants de la majorité présidentielle, notamment André Mbata et Augustin Kabuya, ainsi que des figures de l’opposition, dont Martin Fayulu, ont été invités à exposer leurs arguments devant les instances dirigeantes de l’Église.
À l’issue de cette démarche, l’ECC reconnaît les arguments avancés de part et d’autre. Elle rappelle que la Constitution du 18 février 2006 constitue un pacte républicain né d’un large consensus après des années de conflits et de transition politique. Toutefois, elle estime également que toute œuvre humaine demeure perfectible et que les réflexions sur son éventuelle évolution ne doivent pas être considérées comme taboues.
L’Église souligne néanmoins qu’aucune réforme constitutionnelle ne peut être envisagée en dehors d’un cadre national inclusif, apaisé et démocratique. Elle insiste sur le fait que toute initiative touchant à la loi fondamentale doit reposer sur un large consensus national, des motivations objectives et un processus transparent respectant les dispositions constitutionnelles en vigueur, notamment celles relatives aux articles 5, 218, 219 et 220.
Refusant de s’aligner sur l’un ou l’autre camp, l’ECC appelle les acteurs politiques, les leaders d’opinion et la société civile à privilégier la sagesse, la retenue et le dialogue. Pour elle, la voie la plus sûre demeure celle d’un dialogue démocratique national et inclusif, capable de préserver la cohésion du pays et d’éviter toute fracture au sein de la population.
Dans un message empreint de spiritualité, l’Église invite les Congolais à construire des ponts plutôt que des murs, à dépasser les clivages et à rechercher ensemble des solutions durables pour l’avenir de la nation. Elle formule enfin des prières pour les autorités du pays, pour les familles touchées par les violences et l’épidémie d’Ebola, ainsi que pour le rétablissement d’une paix durable et de l’unité nationale.
Par cette déclaration, l’Église du Christ au Congo se positionne une nouvelle fois comme une voix de médiation dans le débat national, plaidant pour la paix, le dialogue et la recherche du consensus face aux défis majeurs qui secouent actuellement la République démocratique du Congo.
NGK





