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Qu’on le veuille ou non, une compagnie aérienne portant le pavillon national est une source de fierté pour les citoyens du pays. Voir l’étendard national sur un bel aéronef dans un aéroport international fait toujours un immense plaisir.
Je me souviens qu’au début des années 90 j’étais allé déposer un proche à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. C’était très tôt le matin et il y avait du brouillard ce jour-là. Alors que je m’engageais sur la voie qui mène au Terminal deux, je vis surgir de la brume le DC10 d’Air Zaïre. Je n’en croyais pas mes yeux, car étant établi en Europe depuis plusieurs années je pensais que cette compagnie aérienne n’existait plus.
Voir cet avion, frappé aux couleurs nationales, évoluer majestueusement sur le tarmac de Roissy, au milieu des appareils des compagnies prestigieuses comme Thaï ou Cathay Pacific, m’emplit de fierté. Un frisson me parcourut au point d’en avoir la chair de poule.
Sauf que je ne savais pas que c’était mon dernier frisson. Car quelques temps plus tard la compagnie cessa ses vols internationaux et fut placée en faillite.
Depuis, cela fait quatre décennies que les congolais empruntent les compagnies étrangères pour leurs voyages à l’étranger. Un paradoxe dans un pays pourvoyeur de grandes qualités de voyageurs internationaux et où la demande croît d’année en année.
J’espère que l’arrivée de la nouvelle compagnie, Air Congo, comblera ce vide, à la fois dans nos cœurs et face au besoin d’un acteur national dans le transport aérien long courrier.
Après tout, le Congo fut l’un des précurseurs en Afrique dans le secteur aérien. À son apogée, Air Zaïre possédait plus de 30 appareils et desservait 22 destinations internationales, dont Paris, Bruxelles et Rome…
Charles Kabuya





