Alors que le Président de la République multiplie les appels à la réduction du train de vie des institutions publiques et à une gestion plus rigoureuse des finances de l’État, les déplacements en série des membres du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa suscitent une vague d’interrogations et de critiques au sein de l’opinion.

Depuis plusieurs jours, cinq ministres se trouvent en Europe pour diverses missions officielles, pendant qu’un autre groupe composé de dix-sept ministres séjourne en Ouganda depuis samedi dans le cadre d’une session d’évaluation de la coopération bilatérale entre Kinshasa et Kampala à travers quatre commissions mixtes. Une forte délégation gouvernementale qui fait réagir jusque dans les milieux politiques et citoyens, où plusieurs voix dénoncent ce qu’elles considèrent comme un décalage entre les discours officiels sur l’austérité et les pratiques observées au sommet de l’État.
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Dans un contexte économique marqué par les difficultés sociales, la pression sur les finances publiques et les attentes grandissantes de la population, la présence d’une telle armada ministérielle à l’étranger alimente le débat sur la rationalisation des dépenses publiques. Beaucoup s’interrogent notamment sur la nécessité de mobiliser près de la moitié du gouvernement pour une réunion portant sur seulement quatre commissions mixtes de coopération.

Pour plusieurs observateurs, cette situation risque d’affaiblir davantage le message du Chef de l’État sur la sobriété institutionnelle et la discipline budgétaire. Les critiques estiment qu’au moment où des sacrifices sont demandés à la population, les autorités devraient elles-mêmes afficher un comportement exemplaire dans la gestion des ressources publiques.
Au-delà du coût logistique de ces missions billets d’avion, hébergements, frais de mission et sécurité certains analystes pointent également le risque de paralysie partielle de l’action gouvernementale à Kinshasa, avec une présence réduite des principaux animateurs des ministères au pays.

Cette nouvelle controverse remet ainsi au centre du débat national la question de la cohérence entre les engagements politiques annoncés et les actes posés par les institutions publiques. Car pour une partie de l’opinion, la réduction du train de vie de l’État ne peut rester un simple slogan politique ; elle doit se traduire par des décisions visibles, concrètes et mesurables.
NGK




