Un mur entre le Rwanda et la RDC ? La proposition d’Adolphe Muzito fait débat

Le candidat à la présidentielle congolaise promet, s’il est élu, de faire édifier un mur de séparation entre la RDC et ses voisins de l’Est.

Adolphe Muzito, candidat à la présidentielle en RDC, propose de construire un « mur » à la frontière avec le Rwanda.© Damien Glez

Le nombre de candidats à la présidentielle en RDC risque d’être à la dimension du deuxième pays le plus vaste d’Afrique. Chacun devra donc se distinguer, qui par sa couronne déjà en place, qui par son marathon dans l’opposition, qui par sa virginité politique. Si Adolphe Muzito s’est fait remarquer par une formation à l’acronyme mnémotechnique – le Parti lumumbiste unifié, ou Palu –, l’ancien Premier ministre entend faire preuve, dans son programme, d’originalité.

Trump ou RDA ?

Imaginatif ? Il se pourrait que le présidentiable ait puisé son inspiration dans les réalisations de l’ex-chef d’État américain Donald Trump ou de l’ancien vice-président du Conseil d’État de la République démocratique allemande (RDA), à l’époque où Berlin était divisée. C’est en effet un mur qu’Adolphe Muzito promet de construire. L’idée est de séparer la RDC du Rwanda et de l’Ouganda, deux voisins avec lesquels les relations sont toujours pour le moins tendues…

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Cette proposition est inscrite dans le programme de « 25 politiques publiques » entériné, ce 29 septembre, par Nouvel Élan, le parti qui porte désormais la candidature de Muzito. Le lendemain de cette validation, l’ancien Premier ministre déposait sa candidature à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Si Adolphe Muzito a prévu d’autres types de mesures, notamment socioéconomiques, afin de stimuler la croissance du PIB pour permettre à chaque citoyen de gagner au moins 2,5 dollars par jour, le candidat insiste beaucoup sur les questions sécuritaires.

Une idée réaliste, vraiment ?

Sur les réseaux sociaux, la proposition de mur fait moins sourire qu’on aurait pu l’imaginer, même si des critiques se font jour. Un internaute considère qu’« escalader un mur est un jeu d’enfant pour un terroriste », tandis qu’un autre s’interroge : « Est-ce que nous aurons l’argent pour [le] construire ? » Au premier, les partisans du projet précisent que le mur mesurera tout de même 8 mètres de hauteur.

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Pour ce qui est du budget de construction de la partie frontalière avec le Rwanda, l’ancien chef du gouvernement a estimé le coût de la part urgente du projet à la somme de 506 millions de dollars américains. De quoi réaliser, selon lui, des économies nationales, notamment via le contrôle de la contrebande et la protection des richesses minières exploitées illégalement. Un internaute plus caustique se désole qu’Adolphe Muzito n’ait « jamais pensé à ce projet lorsqu’il était aux affaires », alors qu’un autre, plus satirique, se demande : « Et sur le lac, on mettra un mur flottant ? »

Le 8 octobre, le dépôt des candidatures à la présidentielle sera clos et chacun pourra alors interpeller tout participant à la course sur les motivations et les détails de ses promesses.

Avec Jeune Afrique

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