Tshopo : le cycle infernal de la violence communautaire endeuille à nouveau la région

Un silence lourd pèse sur la commune de Lubanga, dans la province de la Tshopo. Ici, ce ne sont pas les chants d’oiseaux qui rythment les journées, mais le spectre de la violence. Depuis le début et la fin du mois d’avril, les affrontements intercommunautaires entre Mbole et Lengola ont repris de plus belle, laissant derrière eux un paysage de désolation et de deuil.

L’alerte, glaçante, vient du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA). Le bilan, encore provisoire, fait froid dans le dos : plus de 30 personnes ont déjà perdu la vie, fauchées par la folie meurtrière qui s’est emparée de la région. Des blessés, marqués dans leur chair et dans leur âme, affluent vers des structures sanitaires débordées, tandis que plus de 75 000 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, cherchant refuge tant bien que mal chez des proches ou dans des sites de déplacés.

Comment en est-on arrivé là ?

Les racines du conflit sont profondes, ancrées dans des rivalités ancestrales pour le contrôle des terres et des ressources. Mais aujourd’hui, la spirale de la violence semble échapper à tout contrôle. Les appels au calme lancés par les autorités restent lettre morte, et la peur s’est insinuée dans chaque regard, chaque foyer.

A Kisangani, porte d’entrée de cette tragédie humaine, les équipes de l’OCHA sont à pied d’œuvre. Face à l’urgence de la situation, elles s’activent pour apporter une aide vitale aux déplacés, dont le nombre ne cesse de croître. « Les besoins sont immenses», confie un responsable de l’organisation.

« Vivres, eau potable, abris, soins médicaux… ces familles ont tout perdu et se retrouvent livrées à elles-mêmes dans des conditions d’hygiène et de sécurité précaires.»

La situation dans la province de la Tshopo est un cri d’alarme. Il y a urgence à agir, non seulement pour soulager les souffrances des populations, mais aussi et surtout pour briser ce cycle infernal de la violence. Car chaque vie perdue, chaque famille déchirée est une blessure profonde infligée à l’âme du pays de Félix Tshisekedi.

Glad NGANGA

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