Connect with us

Hi, what are you looking for?

Actualités

Sondage Les Points : 64% de Kinois rejette l’idée d’un nouveau dialogue national

Des Kinois attendant des moyens de transport en commun sur le boulevard du 30 juin le 20/04/2012 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Un récent sondage réalisé par l’institut Les Points, à la demande de New Pelican, révèle une fracture profonde entre les appels au dialogue émanant de plusieurs leaders politiques et confessions religieuses — notamment la CENCO et l’ECC — et l’opinion majoritaire des habitants de Kinshasa.

Menée du 24 au 25 novembre 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 Kinois répartis dans les 24 communes de la capitale, l’enquête montre que 64 % des habitants rejettent clairement la tenue d’un nouveau dialogue national inclusif.

La guerre dans l’Est, une lassitude devenue nationale

Au cœur des préoccupations exprimées par les sondés se trouve la guerre dans l’est de la RDC, perçue comme un conflit interminable.

Selon le sondage, 85 % des personnes interrogées estiment que la guerre a “trop duré”, traduisant un sentiment d’usure collective et d’abandon face à une crise qui s’installe dans la durée.

Interrogés sur les racines du conflit, les Kinois pointent d’abord les enjeux économiques liés aux minerais et aux terres (32 %) et  l’ingérence étrangère (29 %)

Deux facteurs jugés étroitement liés, nourrissant l’idée que la guerre à l’Est serait « plus étrangère que congolaise ».

Dans ce contexte, un dialogue uniquement interne apparaît largement insuffisant pour résoudre une crise aux ramifications transnationales.

Un discrédit profond envers les dialogues précédents

L’enquête met en lumière une forte défiance envers les processus de dialogue menés dans le passé :

62 % des répondants doutent qu’un nouveau cycle de discussions puisse être sérieux ou produire des effets concrets, tant que les acteurs extérieurs ne sont pas clairement identifiés et confrontés.

Plus largement, 70 % des sondés estiment que les dialogues antérieurs ont surtout servi à récompenser les seigneurs de guerre, via leur intégration au sein des FARDC, des promotions ou des nominations institutionnelles.

Ce mécanisme — résumé par les Kinois comme « dialogue – partage de postes – retour à la guerre » — est désormais perçu comme un cercle vicieux ayant aggravé plutôt que résolu les causes profondes de l’insécurité.

Rejet catégorique d’un nouveau dialogue : 64 % disent non

Lorsqu’il leur est demandé s’ils soutiennent l’idée d’un nouveau dialogue national inclusif, la réponse est claire : « 64 % des Kinois s’y déclarent défavorables ».

Pour beaucoup, relancer un tel processus, encouragerait l’impunité,  renforcerait les groupes armés et prolongerait un conflit déjà trop long.

Cette opposition frontale révèle un fossé grandissant entre les aspirations de la population et les initiatives de certaines Églises ou organisations politiques.

Ce que veulent les Kinois : des solutions concrètes, pas des palabres

À la place d’un nouveau dialogue, les Kinois interrogés privilégient cinq axes jugés plus efficaces :

  1. Renforcer les FARDC et adopter une stratégie militaire plus déterminée ;
  2. Lutter contre le trafic illicite des minerais, moteur financier des groupes armés ;
  3. Contrer l’ingérence étrangère par une diplomatie plus incisive ;
  4. Poursuivre les responsables de crimes pour rompre avec l’impunité ;
  5. Impliquer davantage les communautés locales dans les prises de décision.

Ces priorités révèlent une volonté de solutions pratiques, souveraines et ancrées dans la réalité du terrain, loin des négociations perçues comme inefficaces.

La majorité silencieuse prend la parole

L’étude met en lumière un segment souvent ignoré du débat politique : la majorité silencieuse.

Cette population, peu représentée dans les discussions médiatiques ou institutionnelles, exprime pourtant une conscience aiguë des enjeux sécuritaires et une exaspération profonde vis-à-vis des mécanismes politiques cycliques.

Son message est sans ambiguïté :

  • les dialogues successifs n’ont pas apporté la paix, et un nouveau round ne suscite plus aucune confiance.

Un avertissement politique clair

Dans un contexte où les appels au dialogue se multiplient, ce sondage constitue un signal fort envoyé aux acteurs politiques et religieux.

Pour les Kinois, «le temps des dialogues sans effets concrets est révolu ».

Les aspirations populaires, souvent reléguées au second plan, apparaissent ici comme une boussole essentielle pour toute stratégie visant à restaurer durablement la paix en République démocratique du Congo.

TM

 

 

 

 

 

Written By

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sphynxrdc.com est un média du Groupe SPHYNX-RDC. Spécialisé en informations générales (politiques, sécuritaires, économiques et autres).
© Sphynx RDC 2025, tous droits réservés.