Sommet UA-UE: Sama Lukonde de retour à Kinshasa après avoir représenté le Chef de l’état

Sommet UA-UE: Sama Lukonde de retour à Kinshasa après avoir représenté le Chef de l’état

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 Après avoir participé activement au sommet UE-Afrique, où il était porteur du message du Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Premier Ministre Jean-Michel Sama Lukonde est rentré à Kinshasa ce dimanche.

Kinshasa, le 20 février 2022.

Le sixième sommet Union européenne-Union africaine (UE-UA) s’est tenu à Bruxelles, capitale du royaume de Belgique, les 17 et 18 février 2022.

Les deux parties ont parlé d’une vision commune d’un partenariat renouvelé pour construire un avenir commun en tant que partenaires et voisins les plus proches. L’objectif étant de mettre en place un partenariat renforcé réciproque en matière d’immigration et de mobilité et plus de multilatéralisme.

Porteur d’un message du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde a pris part au sommet où il a défendu les intérêts de la RDC dans les domaines de la sécurité, de la santé et de lutte contre le réchauffement climatique. 

Pour le Premier Ministre congolais, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, la vision commune, c’est d’abord d’aller sur les points les plus pertinents pour les deux composantes, c’est-à-dire, l’UE et l’UA. 

A la clôture de ces assises et bien avant son retour au pays, le Premier Ministre s’est confié à la presse.

« On sort », a-t-il dit, « de la pandémie. Je pense que c’est cela qui sonne le glas. Tout le monde s’est rendu compte que les États sont aussi fragiles. Parce que la santé, c’est la priorité des priorités. La santé affecte nos économies et notre sécurité. Et donc, il faut se focaliser là-dessus. Et la résilience mondiale interpelle tous les acteurs. Ce sommet était le moment de relever ces problèmes particuliers et de donner tous les domaines connexes qui lient ces deux continents. Les deux continents se sont retrouvés parce qu’entre temps, plusieurs choses se sont passées. De l’eau est passée sous le pont. On a eu le temps de faire des évaluations. On s’est dit qu’il y a des choses qui devraient se faire. Maintenant qu’on a passé cette pandémie, on se demande où est-ce qu’on en est, où en sont les relations entre l’UE et l’UA ? »

L’opportunité de ce sommet 

Il faut relever deux choses. Non pas seulement que l’Afrique n’a pas vécu la pandémie de la même manière que l’Europe. Mais tout de suite, l’Europe a compris que son économie est interdépendante de l’économie mondiale. l’Europe se dit qu’il faut non seulement soutenir les économies africaines, parce que ce sont ces économies africaines qui vont être propulsées sur l’investissement européen. Et donc aujourd’hui, l’Europe a réalisé l’importance des relations et l’importance de leur avenir économique. D’où justement, ces échanges où on dit qu’on veut discuter comme partenaires. On a eu des moments passés où des jugements se sont faits sur les relations entre l’Europe et l’Afrique. Mais aujourd’hui, on réalise vraiment qu’on doit vraiment qu’on doit se parler comme partenaires. L’ouverture ici, c’est de se dire que les relations UE-UA n’empêchent pas les autres engagements, c’est-à-dire, que nous avons des relations non seulement au niveau bilatérale, au niveau international que ce soit avec les USA, que ce soit avec la Russie, ou avec la Chine. Que ce ne soit plus désormais un domaine de frustration en terme des relations internationales. J’estime que c’était une très bonne rencontre, une très bonne opportunité d’échanger sur ce que non seulement ce que l’Europe peut apporter à l’Afrique, parce qu’on a vu son impact sur la couverture vaccinale, mais à ce que l’Afrique aussi peut apporter à l’Europe par aux investissements et aux perspectives économiques des pays européens.

Sur le vaccin contre la covid-19

La question de la levée des brevets d’invention dans la production des vaccins, relève de la protection de la propriété intellectuelle. Il faut comprendre que les assises ont eu plusieurs thématiques, qui sont allés notamment sur des questions de paix et sécurité, les questions de terrorisme en Afrique non seulement en Afrique subsaharienne, en Afrique centrale, parce que nous avons aussi insisté pour dire que ce fléau a atteint l’Afrique centrale, les pays des Grands Lacs, mais aussi l’Afrique australe avec le phénomène que nous avons connu au Mozambique. Et donc, à côté de cela, on a discuté des questions de financement. Parce que finalement, nos économies ont besoin d’être soutenues pour arriver à cette résilience que nous voulons avoir. Et moi, je me réjouis que la République démocratique du Congo est au premier plan en terme de résilience. Mais bien au-delà, nous avons justement discuté de la question des brevets d’invention, savoir ce qu’il faut faire : Suspendre les brevets lorsqu’il s’agit des questions pandémiques qui frappent le monde ? Est-ce qu’il faudrait ne pas les lever, mais voir la collaboration qu’il peut y avoir entre les différents continents ? Aujourd’hui, je suis fier de dire que lors de ces discussions on a eu vraiment une sorte d’interpelation venue de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) pour tous les acteurs politiques. On nous a interpellés pour nous dire qu’indépendamment de toutes ces discussions, le plus important, c’est la vie humaine. Si on part du moment où cette question est mise en avant et sur la base de tous les règlements universels, il faut qu’on arrive à se surpasser. D’un côté, il y a ceux qui protègent les brevets, de l’autre il y a ceux qui disent, face à des pandémies, qu’on peut vivre, il faut qu’on arrive à se surpasser. D’autres sont les plus grands. Ils ont dit qu’aujourd’hui, on sent une résistance du côté européen pour la levée de ces brevets. Mais, est-ce qu’on ne peut pas se dire qu’à l’horizon 2063, c’est justement l’horizon que nous avons, peut être qu’on va se retrouver dans une situation où ce sera l’Afrique qui aura la solution intellectuelle, elle devra la partager avec l’Europe. Est-ce qu’on ne devrait pas se projeter en se disant qu’aujourd’hui, parce qu’on en a besoin, la solution vient  beaucoup plus du côté occidental, mais peut être demain, ça sera l’Afrique qui apportera la solution à l’Europe. Mais ce qui est revenu, c’était de dire est-ce qu’on ne peut pas aller vers une situation où  nous allons avoir non seulement des gagnants ou des perdants, mais une situation où  tout le monde va gagner. 

Sur la question de  la vaccination

En terme de vaccination, il y a deux choses. Considérer finalement que la santé soutient notre économie et notre sécurité. Nous disons, vous accompagnez l’Afrique, parce que l’Europe a vu ça comme cela en se disant on a donné des vaccins, aujourd’hui, on veut accompagner des pays sans la production des vaccins, c’est un investissement. Il faut considérer que cet investissement doit avoir un retour. Nous disons simplement que nos économies aujourd’hui sont les plus propices. Non seulement pour l’Europe, pour d’autres continents aussi, mais c’est possible aujourd’hui, en soutenant l’économie africaine, d’avoir des possibilités d’investissement avec des retours positifs. Au-delà de cela, nous on a dit, mis pourquoi bloquer la question, pourquoi parle-t-on seulement de Covid-19 ? Aujourd’hui, on a des maladies, on a ses fléaux qui nous frappent. On a encore le paludisme qui tue plus que le Covid-19. On a la tuberculose. J’ai parlé d’Ebola. Donc nous disons, accompagnez-nous dans ces projets-là. Aujourd’hui, nous avons la capacité non seulement scientifique, mais nous avons aussi la capacité du point de vue infrastructures, si jamais on doit regarder ne fût-ce qu’à la RDC, avec l’INRB qui a un centre qui a fait ses preuves et qui, nous estimons, a besoin d’être accompagné pour répondre à des questions qui concernent non seulement la RDC, mais l’Afrique en général.

Quid des investissements 

 En terme d’investissement, le premier engagement de l’Europe consiste à dire que hier on a connu certaines expériences qui n’ont pas été heureuses dans certains cas et cela dans tous les domaines comme la paix, la sécurité, l’économie, la santé, l’éducation, etc. Aujourd’hui, on se dit qu’on veut un engagement précis de l’Europe. l’Europe dit qu’elle est prête à revenir sur la table en disant voici ce qu’on est capable de donner. Ils sont parlé de 150 milliards. Mais au-delà de cela, il faut aller vers des projets beaucoup plus précis. Ils disent que le plus simple, c’est d’aller vers des critères égalitaires. Parce qu’on a beaucoup parlé d’égalité. On a parlé des partenariats en se regardant vraiment d’égal à égal. Ils disent qu’on va donner la chance et l’opportunité à tous. Ce sont des DTS, des moyens qui vont être mis à la disposition de l’Afrique sur un horizon d’aujourd’hui jusqu’à 7 ans. Mais on se demande ces 150 milliards vont servir ou? Pour qu’on ne puisse pas se dire encore comme avant, que c’est orienté politiquement, que ce qui est recherché, c’est d’abord les intérêts qui ne sont pas nécessairement ceux de l’Afrique, à certains égards aussi, ceux de l’Europe, on crée un site précis, et c’est la présidente de la Commission de l’Union européenne, qui présente cela en disant qu’on va aller, que ça sera ouvert. Ça sera un site où tout le monde connaît l’éligibilité des projets. La RDC s’est montrée aujourd’hui parmi les économies le plus résilientes avec un taux de croissance de plus de 6%. Il y a trop peu de pays, qui, dans le cadre de la pandémie, on connu une stabilité, une croissance économique comme celle de la République démocratique du Congo. Et le FMI a décidé de faire de la RDC un cas d’école en disant : Voilà un pays qui a des difficultés, mais qui arrive à montrer sa résilience. Les projets seront orientés par rapport à l’absorption de différentes économies. Et de ce côté-là, c’est à nous de montrer non seulement des projets bancables que nous pouvons présenter, mais, et j’insiste là-dessus, de montrer l’importance d’aller justement dans les secteurs qui sont les nôtres, c’est-à-dire, la paix, la sécurité, la santé, l’enseignement. 

La part de la RDC sur les 150 milliards 

L’évaluation du maximum à capter par la RDC sur ces 150 milliards est non exhaustive. Nous avons des besoins dans tous les domaines. Il est difficile, dans ces conditions, d’avancer des chiffres. En réalité ce sur quoi nous devons revenir, c’est notre capacité d’absorption. Montrer notre capacité en terme de bonne gouvernance dans la direction des projets que nous avons. C’est possible, je vais insisté là-dessus. Aujourd’hui, nous avons commencé le projet local de développement à la base. Nous sommes revenus pour voir les besoins dans chaque territoire. Je suis optimiste disant que c’est un projet qui a été énoncé par le président de la République qui a voulu que le développement commence de la base vers le sommet. Et lorsque nous allons vers cette base, nous devons regarder ce qui manque. La présence de l’autorité de l’État. C’est la première des choses. Les infrastructures qui soutiennent cette autorité de l’État. Cette société, pour être en bonne santé, a besoin des infrastructures qui permettent à la population d’avoir accès aux soins sanitaires de qualité, surtout à l’heure où nous parlons de couverture santé universelle sanitaire. 

Par rapport aux 150 milliards, nous nous sommes inscrits sur deux volets. D’abord nous sommes rentrés en programme avec le FMI. Ça faisait un moment que nous avions cette attente-là. Comme nous nous sommes illustrés dans le respect des directives, nous nous sommes inscrits dans le calendrier positif. Au-delà de cela, la Banque mondiale et le. FMI sont prêts à nous accompagner avec des crédits. C’est cela le programme que nous avons des 145 territoires. Nous allons dans les investissements avec ces crédits, mais de manière particulière. Hier on a connu des chantiers inachevés. Mais cette fois-ci, on va aller vers des projets qui sont totalement financés et avec l’accompagnement des structures bien organisés telles que le BCCo pour s’assurer que ces moyens soient bien dépensés. Parce que c’est cela le signal qu’on a besoin de donner à nos partenaires. Et, une fois qu’on arrive à le faire, ça sera à ricocher sur les 150 milliards de dollars qui doivent venir dans le cadre des relations entre l’UE et l’UA. Au-delà de cela, c’est finalement les moyens que nous devons mettre en place en interne, parce que nos réformes vont nous permettre d’avoir plus de moyens. Tout cela, j’estime, va faire un cocktail qui va permettre à la RDC d’avoir un regard vers des jours nouveaux.

Multilatéralisme et bilatéralisme ?

Au niveau de l’Afrique, qui abrite une population de plus en plus jeune, tout le monde est conscient du besoin de démocratie. Cette jeunesse connaît des réalités différentes de celles du passé. Elle est formée dans un contexte des échanges au niveau mondial, où il y a accès à l’information. Elle se rend alors compte de ce que représente la démocratie. Elle voudrait voir cela ici en Afrique. La vision de la RDC, portée par son Excellence, Monsieur le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, dont on a discuté au cours de ce sommet, est que chaque zone de l’Afrique a ses réalités. On peut, dans ce contexte, parler du multirelations entre les États, on peut parler de bilatéralisme, mais, on se rend de plus en plus compte que les questions doivent être gérées par zone d’intérêts. Il faut privilégier le bilatéralisme, il faut privilégier les zones régionales, puis les étendre au niveau africain et dans les relations UE-UA. Il faut qu’au niveau régional l’on se parle de manière franche sur le terrorisme et l’insécurité qui sont  les obstacles sur le développement et la démocratie. 

Ce sommet est-il un succès ?

J’estime que ce sommet aura été un succès. Parce que ça part de la préparation de celui-ci. Ce n’était pas quelque chose qui est venue de manière surprenante pour la plupart des États dans le cadre de la relation que nous avons entre l’UE et l’UA. On a pris plus de 18 mois pour préparer ce sommet. Et tous le pays ont eu le temps de donner leur contribution sur les résolutions qui devraient être prises. Et à partir du moment où on a commencé à en parler, on revient d’une situation qui a inquiété tout le monde par rapport à l’avenir des relations. Plusieurs sommet se sont tenus en visioconférence. Mais aujourd’hui, on a eu l’audace d’oser en présentiel. Et lorsqu’on regarde la participation des pays, non seulement africains, mais aussi européens, on dit que tout le monde y a eu un intérêt. Mais le plus important ce n’est pas ce que nous disons aujourd’hui. C’est plutôt l’évaluation des résolutions que nous avons prises non seulement au niveau européen, mais aussi au niveau africain dans les six mois, dans une année et plus loin, si nous respectons ces engagements, et quel est l’impact de ces résolutions sur nos populations. Surtout en insistant que toutes les décisions que nous prenons doivent être orientées principalement vers la femme, vers la jeunesse, vers la jeune fille, et voir demain quel est leur impact.

Déjà, nous verrons à la fin de la première revue au mois de septembre prochain, quels sont les projets qui ont été retenus.

En ce qui nous concerne, nous avons plus insisté, non seulement sur notre transition écologique, tellement que nous apportons beaucoup dans ce domaine, dans le secteur environnemental, sur le maintien de la température mondiale à 1,5 degré. Au-delà, nous attendons plus d’investissement dans l’entrepreneuriat des jeunes, sur la formation professionnelle et sur notre système de santé. Il faut plus d’autonomisation des systèmes économiques des pays en regardant plus vers le potentiel interne. Je suis convaincu dans le cadre de cette relation d’avoir un regard optimiste.

Cellule de communication de la Primature

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