Kinshasa, capitale politique mais aussi poumon médiatique de la RDC, s’est réveillée ce lundi 7 juillet au rythme d’une actualité marquée par deux faits majeurs : l’ouverture solennelle de la table ronde sur le Crédit Bonobo par le président Félix Tshisekedi, et les vives réactions provoquées par les déclarations du président rwandais Paul Kagame après la signature de l’accord de paix à Washington. Une presse plurielle, entre enthousiasme écologique et crispation géopolitique.
Crédit Bonobo : la RDC à l’avant-garde de la finance verte
C’est le journal Le Phare qui donne le ton. En Une, le quotidien rapporte que le chef de l’État a personnellement lancé les assises sur le Crédit Bonobo, un mécanisme novateur de financement pour la conservation de la biodiversité, destiné à améliorer les conditions de vie des peuples autochtones et des communautés locales. Le journal précise que ce projet est porté par un partenariat entre les ministères congolais de l’Environnement et du Développement durable, l’ICCN (Institut congolais pour la conservation de la nature), et la Fondation AZF du Zoo d’Anvers. Les travaux se tiennent à Kinshasa, avant de se poursuivre à Anvers du 7 au 8 juillet.
Dans son intervention, Félix Tshisekedi a salué une « initiative visionnaire » qui permettra à la RDC de créer « la plus vaste réserve terrestre protégée de la planète », note Le Phare.
Une stratégie pour changer de dimension
Même écho du côté de Infos 27, qui souligne que cette démarche fait de la RDC une pionnière mondiale dans la valorisation des écosystèmes tropicaux. Le journal applaudit « un mélange audacieux de vision politique, d’innovation financière et d’engagement communautaire », et insiste : Kinshasa « ne veut plus subir, elle veut peser » dans la reconfiguration climatique mondiale. Le Crédit Bonobo serait ainsi un levier stratégique pour faire de la biodiversité un pilier de souveraineté et de développement durable.
Vers des crédits pour chaque espèce emblématique
Le Potentiel va plus loin en dévoilant les ambitions derrière la table ronde : instaurer des crédits biodiversité propres à des espèces clés comme le bonobo, l’okapi ou le gorille de montagne. Le directeur général de l’ICCN, cité par le journal, parle d’« une opportunité stratégique » pour monétiser les services environnementaux du bassin du Congo, véritable trésor écologique mondial.
Le Quotidien, de son côté, rappelle que ce chantier s’inscrit dans une dynamique réformatrice portée par le président Tshisekedi depuis le début de son mandat, visant à renforcer la protection de la nature tout en améliorant les conditions de vie des populations locales.
Couloir Vert et bonobos de Lomako : les autres chantiers de l’écologie présidentielle
Congo Nouveau met en lumière un autre projet ambitieux : la création du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, censé jouer un rôle-clé dans l’implémentation des nouveaux mécanismes de financement. Ce média précise que la Fondation du Zoo d’Anvers et l’ICCN travaillent déjà sur un programme d’habituation des bonobos dans la réserve de Lomako-Yokokala (province de la Tshuapa), preuve que les ambitions écologiques de la RDC s’ancrent dans le concret.
Diplomatie sous tension : l’accord de Washington déjà bafoué ?
Sur un tout autre front, EcoNews revient sur l’accord de paix du 27 juin dernier entre la RDC et le Rwanda, signé sous la médiation américaine. L’hebdomadaire alerte sur les déclarations provocatrices de Paul Kagame, qui aurait laissé entendre que l’accord ne valait guère mieux qu’un « torchon », réduisant à néant l’espoir d’une trêve durable dans la région des Grands Lacs. Une attitude jugée « dangereuse » et « cynique » par plusieurs observateurs cités dans l’article.
L’accord sous le feu des critiques internes
La Référence Plus ajoute une couche à la tension en soulignant la division politique interne qu’a suscité cet accord. Si une frange de la classe politique congolaise soutient l’initiative, une autre partie la rejette avec virulence, accusant Kinshasa de faire trop de concessions. Le tabloïd déplore des critiques « absurdes », mais témoigne du climat électrique qui entoure cet accord.
En sport, l’Agence Congolaise de Presse rapporte l’entrée complètement manquée des Léopards dames de la RDC à la Coupe d’Afrique des Nations féminines (0-4) faces aux lionnes de la Teranga du Sénégal. Les fauves congolaises devront montrer un tout autre visage lors de leur prochaine sortie face au pays hôte, les Lionnes de l’Atlas du Maroc tenues en échec par la Zambie (2-2).
Une actualité kinoise contrastée. D’un côté, une ambition écologique affirmée qui pourrait repositionner la RDC comme leader mondial de la biodiversité tropicale, et de l’autre, des nuages géopolitiques qui obscurcissent l’horizon régional. Mais une chose est sûre : le Congo ne veut plus être un simple figurant il veut écrire sa propre histoire, avec des solutions nées de ses propres réalités.




















































