La Ministre d’Etat en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a annoncé avoir engagé des poursuites judiciaires pour diffamation, après la diffusion sur les réseaux sociaux de contenus qu’elle juge « mensongers et attentatoires à sa dignité ».
Lors d’un point de presse tenu ce vendredi dans les locaux de son ministère à la Gombe, la cheffe de la diplomatie congolaise a dénoncé une campagne coordonnée de dénigrement visant à la discréditer personnellement.
« Ces allégations infondées visent à me discréditer ; la justice prévaudra », a-t-elle déclaré devant la presse.
Une campagne numérique virulente
Depuis la fin octobre, des vidéos truquées, montages et messages diffamatoires circulent sur Facebook, TikTok et X (ex-Twitter). Ces publications, devenues virales, relaient de prétendues affaires de mœurs et de corruption familiale, sans aucune preuve.
Âgée de 42 ans, Thérèse Kayikwamba Wagner a été nommée ministre des Affaires étrangères en 2024 dans le gouvernement de Félix Tshisekedi. Figure montante de la diplomatie congolaise, elle a mené plusieurs missions à l’international notamment à Doha et à Paris, ce qui lui a valu une forte exposition médiatique, mais aussi une vague d’attaques en ligne.
« Ces mensonges nuisent à mon rôle et à ma famille. Je protège notre honneur par les voies légales », a-t-elle ajouté, affirmant vouloir « mettre fin à la banalisation des atteintes à la réputation sur Internet ».
Une plainte fondée sur la loi
La plainte, déposée le 6 novembre au parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, s’appuie sur l’article 221 du Code pénal relatif à la diffamation ainsi que sur la loi sur les cybercrimes de 2023.
La police judiciaire a d’ores et déjà ouvert une enquête visant plusieurs comptes suspects, certains étant hébergés à l’étranger. Des coopérations internationales pourraient être sollicitées pour retracer les auteurs.
Réactions politiques et sociétales
Sur X (ex-Twitter), le président Félix Tshisekedi a rapidement réagi, apportant son soutien à sa ministre :
« La diffamation n’est pas la liberté d’expression. Solidarité avec Thérèse. »
Des ONG, dont Amnesty International, saluent cette démarche judiciaire tout en mettant en garde contre tout risque d’instrumentalisation de la justice. « Il est nécessaire de protéger les victimes sans restreindre le débat démocratique », a déclaré un responsable local de l’organisation.
Un signal fort contre le harcèlement en ligne
L’affaire s’inscrit dans un contexte de recrudescence des attaques numériques contre les femmes politiques congolaises, souvent victimes de cyberharcèlement et de campagnes sexistes.
Selon un rapport de l’ONU publié en 2024, ces pratiques sont devenues un outil de déstabilisation politique, notamment à l’approche des élections législatives prévues pour 2026.
Avec près de 50 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux, la RDC fait face à un défi majeur : concilier liberté d’expression et protection de la dignité humaine.
« Je défendrai ma dignité comme je défends celle de la République », a conclu Thérèse Kayikwamba Wagner, déterminée à faire de ce combat une affaire d’exemplarité publique.
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