Connect with us

Hi, what are you looking for?

Actualités

RDC : Kinshasa et l’AFC/M23 signent ce 11 novembre un accord de raccroc à Doha

 

 

Les Qataris peuvent ainsi présenter aux Américains un texte – très light – signé par les belligérants avant de renvoyer toutes ces négociations au Togo… où est passé ces dernières heures Félix Tshisekedi.

Les délégations de Kinshasa et de l’AFC/M23 vont signer un texte commun ce mardi 11 novembre, jour de l’Armistice de la guerre 14-18 en Europe.Un texte qui est loin de l’accord de paix définitif qui doit garantir le silence des armes dans l’est de la République démocratique du Congo. Les négociateurs des deux camps évoquent tout au plus « une nouvelle feuille de route » qui entérine « des mois de travail et de bonne volonté des autorités qataries » qui ne sont pas parvenues à concilier les attentes des uns et des autres.

Une feuille de route qui doit permettre dans un avenir proche de ramener les deux camps congolais à la table des négociations pour aborder les causes profondes du conflit… mais cette fois ce sera à Lomé, la capitale du Togo.

En attendant, les Qataris pourront faire valoir qu’ils ont arraché un texte paraphé par les deux délégations. Un texte qu’ils pourront présenter aux Américains qui attendent ce document pour pouvoir inviter les présidents congolais (Félix Tshisekedi) et rwandais (Paul Kagame) à se présenter dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche pour signer le traité de paix entre les deux pays.

On sait que le président rwandais avait conditionné sa signature à washington à cet accord entre Congolais.

La dernière date qui avait été avancée pour cette réunion à la Maison-Blanche était celle du 13 novembre. Une fois de plus, les délégations africaines manqueront à l’appel. Elles sont désormais attendues le 23 novembre par Donald Trump.

La signature de Washington doit donner le coup d’envoi de nouveaux investissements américains dans une région des Grands Lacs… apaisée. Elle doit aussi garantir une chaîne d’approvisionnement des matières premières stratégiques extraites dans les Kivu, sous administration de l’AFC/M23, et expédiées au Rwanda pour être traitées avant de prendre la direction des États-Unis.

Partition congolaise

Cet accord signe de fait une partition de la RDC. En effet, sans vrai accord de paix à Doha, les investisseurs américains devront évidemment négocier– pour peu qu’ils aient le courage de s’aventurer dans cette région – avec ceux qui contrôlent les territoires et les mines concernées, soit l’AFC/M23. Kinshasa restera au balcon pour observer un détricotage de fait de son territoire.

Mais le régime des Tshisekedi pourra se rassurer en conservant le contrôle de 80 % du territoire, en espérant geler l’avancée des rebelles et, surtout, en gardant la mainmise sur les richesses du Katanga bien plus opulentes que ce qui est en jeu dans la région des Grands Lacs.

Dans cette partition de fait, le Rwanda s’offre, lui, une place stratégique et tout à fait officielle dans le big deal conçu par la Maison-Blanche. Un nouveau statut qui doit aussi faire retomber la pression internationale vis-à-vis du régime de Kigali.

Bruit de bottes assourdissants

Cette situation garantit-elle le gel du conflit ? Rien n’est moins sûr. Les vrais antagonismes n’ont pas été vidés. Les fameuses « causes profondes » du conflit n’ont même pas été abordées à Doha. Et tant les rebelles que Kinshasa continuent de s’armer. Les tensions demeurent aussi très inquiétantes dans les nouvelles zones frontalières entre les deux camps, notamment sur les haut-plateaux de Minembwe où le déploiement massif de troupes burundaises (on évoque aujourd’hui la présence de 14 bataillons) interdit tout déplacement à des milliers de Tutsis congolais pris au piège et affamés. Une situation qui risque à tout instant de relancer une guerre à haute intensité entre l’armée congolaise et ses affidés et les hommes de l’AFC/M23.

Le Togo au premier plan

Dans la foulée de la signature du « tout petit » accord de Doha, les négociateurs qataris seront trop heureux de répondre favorablement à un appel des instances africaines qui entendent peser sur le processus de paix au Congo.

Le Togo, intronisé terre de négociation dans ce conflit par les Angolais, qui avaient aussi échoué à mettre les belligérants (gouvernement congolais et responsable de la rébellion) autour d’une même table. Luanda avait « profité » de son accession à la présidence tournante de l’Union africaine pour remettre son mandat au Togo.

Le petit État d’Afrique de l’Ouest sera donc intronisé « négociateur en chef » par les Qataris.

 

La nouvelle n’est pas encore officielle que Félix Tshisekedi s’est déjà invité à Lomé à la suite d’une escale technique non prévue de son avion en ce début du mois de novembre. L’avion présidentielle congolais devait opérer cette escale au Nigeria. Mais, un peu moins d’une heure avant cette approche, les autorités togolaises ont été averties que l’aéronef présidentiel congolais devait se poser à Lomé pour « des raisons météorologiques ».

Le ministre des Affaires étrangères togolais, flanqué de certains de ses conseillers, s’est rendu à l’aéroport pour accueillir Félix Tshisekedi et sa petite suite. Le président togolais du Conseil, Faure Gnassingbé, s’est aussi déplacé pour saluer le président congolais. Officiellement, rien que du très protocolaire… mais, généreux et bien informé, le président congolais s’est gracieusement proposé pour prendre en charge les frais de ces futures négociations généralement onéreuses, ce n’est pas les responsables politiques angolais qui diront le contraire. Une proposition qui, si elle devait être acceptée, jetterait déjà le doute sur l’indépendance d’un arbitre qui dépendrait financièrement d’un des deux négociants.

Bujumbura attend d’entrer dans la danse

L’Angola, qui préside aux destinés de l’Union africaine et qui connaît ce dossier par coeur se contente désormais d’observer. La RDC, elle, sait qu’elle a tout intérêt à ne pas précipiter les choses, à jouer l’attentisme. La prochaine présidence tournante de l’Union africaine reviendra, en février prochain, au Burundi. Or, Bujumbura est non seulement un des derniers soutiens actifs de Félix Tshisekedi mais aussi un acteur direct de la crise dans la région des Grands Lacs.

L’avancée des négociations de paix entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 ne sera clairement ni plus sereine, ni plus facile en 2026.

Tiré de Libre Afrique

Written By

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sphynxrdc.com est un média du Groupe SPHYNX-RDC. Spécialisé en informations générales (politiques, sécuritaires, économiques et autres).
© Sphynx RDC 2025, tous droits réservés.