Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Takesa, a effectué une visite surprise à l’auditorat militaire supérieur et de garnison de Kinshasa-Matete, l’un des plus importants pôles judiciaires de la capitale. Une descente qui s’inscrit dans une vaste opération d’évaluation de l’efficacité des institutions judiciaires face à la recrudescence de la criminalité à Kinshasa.
Une tournée pour restaurer la confiance
Nommé en avril 2025 par le président Félix Tshisekedi, Guillaume Ngefa a entrepris, depuis octobre, une série d’inspections sur le terrain. Après le tribunal de Kinkole, c’est à Matete qu’il a voulu « prendre le pouls » d’une justice militaire souvent critiquée pour sa lenteur et son manque de transparence.
« La justice militaire doit être exemplaire : célérité pour les criminels, protection pour les innocents », a martelé le ministre devant la presse, rappelant les 2 000 arrestations récentes dans la capitale sans poursuites judiciaires effectives.
Entre urgences et réformes structurelles
Au programme de cette visite : inspection des cachots, des salles d’audience et des archives, mais aussi une réunion de travail avec une vingtaine d’auditeurs et de greffiers. Près de 150 dossiers en attente, dont 30 relatifs à des exactions policières commises lors des opérations anti-Kuluna, ont été examinés.
Le ministre a insisté sur la fin des détentions arbitraires et le respect strict des droits humains, en écho aux critiques récurrentes formulées par Human Rights Watch sur les dérives observées en 2014.
500 millions de francs pour la modernisation
Guillaume Ngefa a annoncé une enveloppe de 500 millions de francs congolais pour la modernisation des infrastructures de l’auditorat militaire de Matete. Cette somme servira notamment à l’acquisition de logiciels de gestion anti-corruption et à la numérisation des dossiers, deux piliers majeurs de la réforme judiciaire en cours.
Le ministre a par ailleurs ordonné l’audition prioritaire des suspects arrêtés dans le cadre de l’opération « Kanga Kanga », afin de garantir un traitement équitable et rapide des affaires.
Un vent d’espoir dans les rangs militaires
Saluant cette initiative, le colonel Kasongo, auditeur militaire en chef, a déclaré :
« Avec ces réformes, nous passerons de 60 % à 90 % de dossiers traités en trois mois. »
Cette visite, au-delà du symbole, traduit la volonté du gouvernement de redonner confiance à la population dans l’appareil judiciaire congolais et de tourner la page d’une justice perçue comme inéquitable.
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