Coup de théâtre dans l’affaire qui secoue les hautes sphères de l’État congolais, Constant Mutamba, ex-ministre de la Justice, poursuivi pour le détournement présumé de 19 millions de dollars alloués à la construction d’une prison à Kisangani, a officiellement sollicité la comparution de la Première Ministre, Judith Suminwa, comme témoin à charge dans son procès devant la Cour de cassation.
La prochaine audience est fixée au lundi 4 août à 10 h, dans une salle d’audience qui s’annonce électrique, tant la tension monte autour des témoins annoncés.
Une liste de témoins aux allures de bras de fer institutionnel
Le ministère public alignera plusieurs témoins clés issus de l’administration publique :
• le Directeur général ad intérim du CMP,
• la Secrétaire générale du ministère de la Justice,
• la Directrice du service pénitentiaire,
• le Secrétaire permanent des marchés publics,
• le Secrétaire général aux Infrastructures,
• le DG de FRIVAO,
• et même le gestionnaire de l’immeuble hébergeant la mystérieuse société Zion, citée dans le dossier.
Mais la défense de Mutamba ne compte pas rester en retrait. L’ex-ministre a sollicité un casting de haut niveau pour faire éclater ce qu’il présente comme une instruction gouvernementale collégiale :
• le chef de division Justice de Kisangani,
• Rose Mutombo, son ancienne collègue au ministère,
• Jules Alingete, Inspecteur Général des Finances,
• le ministre des ITPR,
• le chef du département de génie civil de l’UNIKIN,
• le patron du guichet unique,
• le secrétaire exécutif de la CENAREF,
• et surtout Judith Suminwa, cheffe du gouvernement.
Quel est le rôle de Judith Suminwa dans ce dossier ?
C’est le cœur de l’affaire. L’accusation soutient que le marché public attribué pour la prison de Kisangani aurait été entériné de façon « tacite », voire explicitement approuvé lors d’un Conseil des ministres auquel la Première Ministre aurait activement participé. Une thèse que rejette catégoriquement Mutamba, qui affirme avoir agi dans le strict respect d’une directive gouvernementale collective, dont la validation, selon lui, engage toute la chaîne de décision.
La citation de la Première Ministre en tant que témoin plonge l’affaire dans une zone de turbulences politiques inédites, et soulève une question cruciale sur la gestion des marchés publics de grande envergure engage-t-elle uniquement les ministres concernés, ou le gouvernement dans son ensemble ?
La comparution éventuelle de Judith Suminwa si elle est acceptée par la Cour, marquerait un précédent retentissant dans l’histoire judiciaire congolaise. Le procès Mutamba devient ainsi un test grandeur nature pour l’indépendance de la justice, la transparence gouvernementale, et la responsabilité des plus hauts dirigeants de l’État d’autant plus que, chaque nom cité pèse lourd…
Wait and see…
NGK




















































