Président Tshisekedi : après trois ans d’excellentes relations, Kigali a « poignardé » la RDC dans le dos 

An attitude of the Head of State during an interview in London

 Le président congolais Félix Tshisekedi a accusé, de nouveau, le Rwanda d’avoir « poignardé » la République démocratique du Congo après trois années « d’excellentes relations » stoppées à cause du soutien de Kigali à la rébellion du M23, dans une interview accordée à un média britannique et parvenue dimanche à l’ACP. « Cela avait bien marché pendant trois ans. Les relations étaient excellentes. 

Nous avons dû revoir tout cela, arrêter tout cela, parce que nous avons eu l’impression d’avoir été poignardé dans le dos », a déclaré le président Tshisekedi. « C’est inacceptable », a tranché le Chef de l’Etat congolais. La RDC et le Rwanda entretiennent des relations en dents de scie depuis 1994.

À l’avènement du président Tshisekedi en 2019, les relations étaient apparemment bien entretenues. «Je suis allé voir tous nos voisins, nous en avons neuf, pour leur dire : je veux que nous engagions nos relations sur des programmes de développement, des projets qui vont être d’intérêt commun à nos deux pays, à nos deux peuples pour, évidemment, évoluer, aller vers le développement, sortir notre sous-région de cette image qu’on lui colle de violence, d’instabilité, d’insécurité ».

En juin 2021, Kinshasa et Kigali avaient signé à Goma, au moins 4 accords, en présence de deux chefs d’Etat (Tshisekedi et Kagame), dont le plus important donnait au Rwanda l’exclusivité du raffinage de l’or produit par la société aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA).

Kinshasa avait auparavant autorisé la compagnie nationale aérienne Rwand’Air, de desservir plusieurs destinations en RDC. En mars 2022 a ressurgi la rébellion du Mouvement du 23 mars, battue par les Forces armées de la RDC (FARDC) en 2013, et dont les hommes avaient été cantonnés au Rwanda et  en Ouganda. Kinshasa et les experts des Nations unies ont documenté l’agression, avec des preuves sur l’engagement des militaires rwandais à l’intérieur des frontières congolaises, combattant aux côtés des « terroristes du M23 », comme les qualifie Kinshasa.

A cause de cette nouvelle guerre, Kinshasa a été obligé de suspendre tous les vols de Rwand’Air en interdisant le survol de son territoire et en suspendant l’accord sur le raffinage d’or. Les présidents Tshisekedi et Kagame ont eu des discussions à New-York à l’invitation du président français Emmanuel Macron. Les trois chefs d’Etat ont réaffirmé leur attachement à un processus de paix placé sous la médiation du président angolais, João Lourenço.

Cette initiative sous-régionale prévoit aussi le désarmement volontaire ou forcé des groupes armés locaux et étrangers par une force régionale qui se met en place.

ACP/

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