Musique : »EBOUROUMOUKOUE », de Rochereau Tabu Ley, commentée par Ngimbi Kalumvuenziko( illustration audio)

Musique : »EBOUROUMOUKOUE », de Rochereau Tabu Ley, commentée par Ngimbi Kalumvuenziko( illustration audio)

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Tabu Ley Rochereau

                                                               
Nous sommes en 1987. L’orchestre Afrisa International du Seigneur Rochereau Tabu Ley est à son zénith. La grande chanteuse Mbilia Bel venue quatre ans avant brille de mille feux. 
Le « Type K », lieu où se produisait l’orchestre s’était vite transformé en véritable temple de la bonne musique. Les mélomanes attentifs qui s’y rendaient ne pouvaient manquer de remarquer les signes de très grande complicité intime entre Tabu Ley et la chanteuse-vedette. Avec le temps, les deux tourtereaux ne pouvaient plus cacher le bonheur de leur vie amoureuse. Mais comme toute idylle amoureuse a une fin, eux non plus n’ont pas échappé à la règle.

Mbilia Bel

                                                                           

La séparation fut brutale et très douleureuse surtout pour Tabu Ley qui apparemment ne s’y était pas du tout préparé. Il se disait que sa muse l’aurait quitté pour un riche homme politique gabonais et qu’un musicien zaïrois renommé, patron d’un « jeune » orchestre à succès aurait été à la manœuvre pour servir d’entremetteur, de mukala. Tabu Ley était inconsolable. Je me souviens du voyage au Brésil en 1987 pour une manifestation économique et culturelle. Le jour du départ de Kinshasa par vol spécial, nous avions dû attendre vainement la chanteuse pendant près de trois heures. C’est la mort dans l’âme que Tabu Ley s’était résigné à embarquer, partir « seul » Au Brésil il avait continué de ronger son frein, de se morfondre, restant enfermé dans sa chambre d’hôtel, ne sortant que pour les productions programmées!

Beyou ciel

C’est à son retour à Kinshasa et après avoir réalisé que la séparation était définitivement consommée qu’il se résolut à déverser sa bile sur ceux qui ont détruit le nid de son amour. Il composa « EBOUROUMOUKOUE », véritable satire où il déverse sa grande colère et s’en prend ouvertement à son rival et aussi à celui qu’il accusait à tort ou à raison  d’avoir servi d’entremetteur. Plutôt que de chanter en solo, il se fit accompagner par une nouvelle trouvaille, Beyou Ciel. Contre toute attente celle-ci se surpassa tellement que les Kinois lu avaient vite attribué la paternité plutôta maternité de la  chanson! La nouvelle histoire d’amour de Mbilia Bel ne dura que l’espace d’un matin, sans pour autant donner à Tabu Ley aucun espoir de reconquête du cœur de son ex, même quand il se lança en politique en devenant vice-gouverneur de la ville de Kinshasa. Jusqu’à sa mort en 2013, Tabu Ley avait sans doute vécu dans le chagrin d’une grande passion perdue. Vive le grand artiste,.. le grand amoureux déçu.

Ngimbi Kalumvuenziko/mbokamosika

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