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MASANGA (L’ALCOOL), DIFFÉREMMENT DÉCLINÉ PAR LA CHANSON CONGOLAISE.(illustrations audios)

En français, une boisson se définit comme tout liquide qui se boit. En lingala par contre, le vocable « masanga » n’englobe que les boissons alcoolisées : le whisky, le vin, la bière, le vin de palme, l’alcool traditionnel obtenu par distillation (Lunguila ou lotoko). Donc en lingala, « masanga » ne signifie pas n’importe quel liquide buvable.

Considérations générales.

 

En Afrique, l’alcool a toujours été intimément lié à la vie. On y recourt dans presque toutes les cérémonies : naissances, deuils, mariages, intronisations, accueils des étrangers ….. En outre, la consommation de l’alcool est souvent associée à la musique, comme en témoignent de nombreuses œuvres inventoriées dans le répertoire de la chanson congolaise.

 

Sur le plan juridique, la consommation et la vente de l’alcool sont règlementées. L’ivresse publique est punie par la loi. La grivèlerie (le fait de consommer les boissons dans un débit sans payer) est sanctionnée par la loi spéciale. Depuis l’époque coloniale, la préparation et la consommation de l’alcool indigène (LOTOKO) étaient sanctionnées par la loi spéciale, au même titre que la culture et la consommation du chanvre à fumer. Nous ne savons pas ce qu’il en est actuellement.

L’alcool décortiqué par la chanson congolaise.

 

Il serait prétentieux de quantifier le nombre de chansons congolaises consacrées à l’alcool (Masanga). Néanmoins, nous nous limiterons à les examiner sous deux thématiques.

 

  1.      L’alcool comme moment de convivialité, de rafraîchissement et de solidarité.

 

Après de longues heures de travail, de durs labeurs, les hommes (les femmes étant à l’époque prédestinées aux tâches ménagères) se retrouvaient dans des débits de boissons, avant de regagner leurs domiciles. Regroupés selon les affinités, ils s’offraient mutuellement des tournées en fonction de leurs bourses.

Mais comme dans toutes les sociétés, les personnes généreuses se mêlent aux radins. Se croyant malins, ces derniers profitent de la bonté des autres pour consommer à leurs dépens.

Tel est le résumé de l’œuvre d’Essous et les Bantous intitulée « CAMARADE MABE » ou mauvais camarade dans laquelle l’auteur stigmatise le comportement d’un radin, consommant aux dépens d’un ami. Agacé, ce dernier finit par s’en plaindre en estimant que son ami le considère comme un « américain ». Pourtant, selon cet ami, les tournées devraient être réciproques (likelemba).

 

Après cette œuvre des Bantous, auditionnons celle de l’orchestre Negro-Band intitulée : « MELA MPE KANISA », qui signifie en français « Buvez et méditez »,  abonde pratiquement dans le même sens que la chanson des Bantous de la capitale.

  1.      L’alcool & l’ivrognerie: un véritable fléau social

 

La première thématique considère la consommation de l’alcool comme un moment de convivialité et de rafraîchissement. La seconde thématique stigmatise l’ivresse publique ou l’ivrognerie. Comme indiqué ci-haut, la loi punit l’ivresse publique ( état d’ébriété manifeste), un fléau social aux conséquences néfastes pour la santé du consommateur et l’épanouissement de sa famille.

L’ivrognerie expose l’individu au mépris, aux railleries, aux tracasseries et aux dettes. Elle dévalorise sa famille vis-à-vis de l’entourage, et compromet l’avenir de sa progéniture.

Nous avons recensé deux œuvres stigmatisant ce fléau. La première, intitulée « MASANGA » est signée par l’orchestre Bella-Bella.

 

La seconde intitulée « BA CUITES YA VATICAN » a été interprétée par l’orchestre Lovy du Zaïre de Vicky Longomba. Elle dresse le tableau de différentes sortes d’ivresse.

Samuel Malonga

 

 

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