Le Maréchal Mobutu, ce grand humouriste

Mobutu Sese Seko Kuku Ngwendu waza banga

Selon les psychologues, rire est une thérapie qui libère l’esprit des contraintes du temps moderne. L’ancien président congolais, ex Zaïre, en a fait sa tasse de thé au delà de son côté assez féroce. Et la liste des bienfaits du rire est longue. L’humour  pourrait réduire les sensations de douleur, booster le système immunitaire, améliorer les fonctions cognitives, prévenir les maladies cardio-vasculaires, chasser le stress. C’est une thérapie. Elle est bonne pour la santé. Bien souvent des gens vont se détendre en écoutant les histoires abracadabrantes  racontées par des humoristes. Au vue de ses fonctions sociales, les vertus anti-déprime du rire semblent être une évidence. Qui ne se souvient plus des numéros époustouflants du trio Dasufa ou du groupe Mangobo lorsqu’ils passaient sur les antennes de Télé Zaïre. Comme il est difficile aujourd’hui d’imaginer une vie sans rire, voici quelques bonnes blagues, afin de passer une soirée animée dans la bonne humeur. Une portion d’ ingrédients rares a été ajouté, afin que la sauce soit bien épicée. Ames sensibles s’abstenir. Voici ici un cocktail d’humour dont celui de Mobutu. Même son long nom, post nom, sur nom faisaient de fois rire: » Mobutu Sese Seko Kuku Ngwendu Waza Banga ». Bonne détente ! Nous voilà donc partis pour une belle partie de rigolade.

La source de l’électricité

En classe, le prof demande à un élève : 
– D’où provient l’électricité ?

– Du zoo, répond-il sans hésiter.
– Qu’est ce qui ne va pas avec toi ? rétorqua le prof surpris.

– Mais c’est pourtant vrai.

– Qui t’as dit ça ?
– Mon père.

– Pourquoi ?

– Parce que chaque fois qu’il y a coupure d’électricité, il dit toujours :  » Baniama oyo bakati lisusu courant ».


Au téléphone avec Kuku Ngbendu

Cela faisait plusieurs jours que le citoyen Kithima cherchait à joindre le Maréchal qui s’était retiré sur ses terres à Gbadolite. Il avait essayé tous les numéros du président en sa possession, en vain. Finalement un bon jour, mukubwa Bin Ramazani parvint à joindre son jeune frère et patron Sese Seko sur son télécel.  
– Allo !

– Oui, je vous écoute.

– Vreeeument Papa Maréchal, ngai na yo ekomi lokola chien et chat.
– Eh ben, citoyen Kithima, dans toute cette histoire, qui est chien? répliqua le Guide.

– Ngai Papa Maréchal.
– Eh ben, si tu es chien, qui est chat ?
– Kaka ngai Papa Maréchal.

– Eh ben, citoyen Kithima , nayoki.

– Vreeeument, , merci mingi Papa Maréchal.

Visite présidentielle à Bamanya

Kasa-Vubu était en tournée dans les provinces. Ce jour-là, il visitait l’Equateur. Après un passage éclair à Coquilhatville (aujourd’hui Mbandaka), il fit un petit tour à Bamanya. Accueilli par des hourras et des danses traditionnelles dus à son rang, il fut invité par le gouverneur à prendre la parole afin de s’adresser à son peuple. Devant le micro et de sa voix fine, le président commença d’abord à chauffer l’ambiance en harangua la foule :

« Baniama ooooyéé »

Branle- bas dans la délégation présidentielle et l’état-major du gouverneur. Le général Nkulufa, l’officier d’ordonnance de Kasa-Vubu, quitta son siège et partit lui souffler quelques mots à l’oreille.

« Monsieur le Président, c’est Ba-ma-nya ».

Mais emporté par la chaleur de la journée et la clameur de ce flot humain, Kassam qui n’avait pas entendu ce que  lui avait dit l’officier, continua à galvaniser la population en répétant de plus belle le slogan de ralliement.

« Baniama ooooyéé » .

Le pauvre général Nkulufa hocha la tête et partit s’asseoir la queue entre les pattes.

Le faux zombie

Un voleur est allé déterrer un corps pour récupérer le cercueil et les habits du cadavre. Mais malheureusement pour lui, en sortant du cimetière, les policiers en patrouille l’interpellent .
– Eh ! Monsieur ozosala nini na cerceuil na heure oyo ? 
Le voleur répond:

– Mokonzi, nalembi cimetière ya Kintambo. Yango wana  nazokende na ngai na  Gombe. Po awa bakundaki ngai bien te ….
Le faux zombie n’avait même pas terminé sa phrase que nos chers mbila, leur chef en premier, détalèrent à une vitesse supersonique. C’était longua na nzela, o couré kéké, esanga ekoti mobulu. Heureusement dans leur fuite, ils n’avaient pas crié « mama nakufi » pour ne pas ameuter la population. Essoufflés lorsqu’ils se sont rencontrés plus loin, ils respiraient tous par la bouche. Dans leur vie de policier, ils n’avaient jamais couru aussi vite. Quelques uns parmi eux avaient perdu matraques et menottes. ils avaient eu la plus grande peur de leur vie, sûrement aussi la plus mauvaise rencontre qu’ils avaient jamais faite.

Le surveillant

Un professeur d’université venait de terminer sa journée. Ayant quitté ses étudiants, il se rendit au parking où devrait être garée sa voiture. Arrivé sur place, il ne vit ni l’auto ni le chauffeur. Il demanda alors au surveillant.

– Avez-vous vu mon chauffeur ?

Il répondit en français :

– Non, je ne vu l’ai pas.

Puis le professeur s’en alla faire un petit tour. Il revint sur ses pas quelques minutes plus tard et se retrouva à nouveau devant le même mec à qui il posa la même question.

– N’avez-vous pas vu mon chauffeur ?

Le surveillant qui croyait que le professeur ne l’avait pas compris la première fois à cause sûrement d’une petite erreur de français qu’il aurait faite, changea de réponse. Sûr de lui, il répondit sans broncher  :

– Non monsieur le professeur, je ne pas l’ai vu. 

Un Rwandais à Paris

Un Rwandais arrive à Paris et veut se rendre à Lille. Il cherche à s’informer. Heureusement il y avait un CRS en faction. Il va vers lui et demande:
– S’ir vous praît, monsieur re poricier .

 -En quoi puis-je vous être utile ? lui demande l’agent.

– Je fais comment pour arer à rire ? 
– Rire ?  s’étonne le policier.  Ça n’existe pas.
– Et pourtant, mon oncre habite rabà. 
– La ville de Rabat se trouve au Maroc. Vous êtes en France, mon ami.
– Je ne suis pas fou, monsieur re poricier, réplique le Rwandais. 
– Alors vous êtes qui ? lui demande l’agent: 
– Por (pour dire Paul)  
– Aaah ! Je comprends maintenant pourquoi vous parlez comme un cochon, lui dit le céré ngunda qui aussitôt se mit à essuyer ses larmes car il  avait pleuré de rire.

Au Mont Ngaliema

Le Maréchal était dans sa paillote du Mont Ngaliema. Il n’avait pas chômé ce dimanche-là. Et comme le mot « repos » n’existe pas dans son vocabulaire, le Président-Fondateur travaillait car salongo alinga mosala. Coiffé comme toujours de son éternelle toque de léopard, sa canne légendaire posée sur le côté, l’homme fort du Zaïre s’entretenait calmement avec un de ses nombreux conseillers venu en consultation. Ils avaient longuement bavardé et passé en revue tous les points à l’ordre du jour. A la fin de l’entrevue, le Président-Fondateur prit un verre d’eau. Et avant de le vider de son contenu, il  posa une question à son interlocuteur.

– Eh ben, citoyen conseiller, mayi oyo ezali bleu ?

Pris à pied levé par son malin patron, le pauvre conseiller se devait de réagir sur le vif. Affirmer ou infirmer était un problème. Que faire alors ? Il voyait le piège qui lui était tendu. La mort dans l’âme, il se grata la tête tout en regardant tristement le maudit verre d’eau. Puis hésitant et dans une voix qui n’était presque plus la sienne, il répondit comme le faisait toujours tous ceux qui se rendaient à la cours du Guide.

– Eeeh …Patron, mayi oyo ezali … na langi …eeeh…yaaa …

Mobutu le regardait et attendait impatiemment la réponse. Puis il répliqua.

– Eh ben, motuna ezali pourtant simple citoyen conseiller .

– Oui Patron… eeeh…mayi…ezali na langi …yaaaa … eeeh…bleu.

Furieux, le Guide lui donna une bonne claque et lui dit :

– Bokosi ngai mingi. Yango wana mboka ebebi mpo na ba conseils na bino ya mabe.

Devant le conseiller médusé et humilié, le Maréchal d’un coup sec but cette eau qui n’était en tout cas pas bleue mais…incolore.

Proposé par Samuel Malonga

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