« Koffi is simbing » ou le nivellement par le bas ?

La République démocratique du Congo vit un tournant décisif de son histoire en cette période trouble où les grandes puissances redéfinissent les frontières héritées des années après la conférence de Berlin. Le président français Emmanuel Macron le reconnait devant la menace russe qui tient à organiser un référendum dans certaines provinces occupées de l’Ukraine. Pour le chef de l’état français, Poutine fait penser aux années des colonies. Le président américain, Joe Biden, estime que Vladimir Poutine veut anéantir les droits de l’existence de l’Ukraine comme état.

Il ajoute que la Russie a « violé de manière éhontée les principes fondamentaux des Nations Unies « .

Jamais une session ordinaire des Nations Unies a été aussi mouvementée et pleine des déclarations sur la souveraineté des états. Devant la menace de Poutine de recourir à l’arme nucléaire, le président américain a déclaré sur la tribune des nations unies « qu’il est impossible de gagner une guerre nucléaire ». La Chine, quant à lui, fait recours au dialogue pour éviter toute escalade. Et Joe Biden est clair à ce sujet :

 » Les États Unis ne cherchent pas la guerre avec la Chine ».

Le président de la Pologne Andrzej Duda a soutenu la démarche du président congolais Félix Tshisekedi en des termes clairs :

« Avions-nous une détermination semblable lors de la tragédie qui a frappé la Syrie, la Libye, le Yémen, n’avions-nous pas établi le statu quo lors de deux tragédies qui ont frappé la République démocratique du Congo après les guerres qui ont frappé la corne de l’Afrique alors que nous condamnons l’invasion en Ukraine ? « , s’est-il interrogé.

Paradoxe au pays des inconscients

Alors que les nations du monde réfléchissent sur l’avenir de la planète, à Kinshasa, ce sont les buzz qui préoccupent un peuple amoureux du sensationnel. Les congolais qui sont parmi les populations qui devraient être plus préoccupées par les questions de l’heure puisque, meurtris par des guerres sans fin avec un pays menacé de Balkanisation dont une partie à l’est, le territoire de Bunagana, déjà sous contrôle du pouvoir rwando-ougandais, eh bien, c’est le  » Koffi is simbing » qui fait la une. Une conception trouvée après la vidéo de l’artiste à scandales et ambassadeur de la culture de la République démocratique du Congo, Koffi Olomide, touchant l’une des parties intimes de ses multiples danseuses. Comme toujours, c’est cette vidéo qui préoccupe les inconscients des congolais comme on peut le suivre dans les réseaux sociaux. Cette manière de faire a suscité des réactions dans le chef des certains congolais encore lucides qui se posent la question de savoir : de quelle espèce humaine vient le peuple congolais avec un niveau d’inconscience aussi avancé ? Ce peuple apparaît plusieurs fois pour ses voisins comme un sous homme. Au Congo Brazzaville, il a été plusieurs fois traité moins qu’un serpent : » Boma zaïrois, tika nyoka » pour dire tue un zaïrois, congolais de l’époque, laisse le serpent; une vidéo qui circule depuis quelques jours dans les réseaux sociaux montrent des militaires angolais faire subir des supplices à une femme d’origine congolaise avant de l’abattre à bout portant en la traitant de chienne de Zairens; l’actuel président du Kenya, Ruto, avait présenté ses excuses à ce peuple qu’il avait traité de jouisseur, d’inconscient ; au Rwanda voisin, le congolais est traité de  » nyama ya pori », une bête sauvage, etc.
Selon certains scientifiques qui se sont penchés sur le comportement des congolais avant les indépendances, le congolais ordinaire retrouvé à Léopold ville était très têtu comme tout animal à dresser. D’où l’utilisation du fouet par les belges appelés  » Fimbo ya ngubu ». Aujourd’hui encore, on peut bien se rendre compte que malgré des années d’indépendance, l’homme congolais n’est pas sorti de l’auberge. A entrée de l’Afdl, amenée par M’zee Laurent Kabila, c’est le même recours au fouet qui avait remis certains congolais sur le droit chemin. C’est le cas du même Koffi Olomide qui reçut quelques coups devant ses fans lui enregistrés par les petits Kadogo.

Des voix se sont levées même parmi les africains très touchés, négativement, par ce niveau d’inconscience et l’attirance par le sensationnel de l’homme congolais. Certains d’entre eux qui envient les inconscients des congolais maudissent Dieu d’avoir placé un tel homme dans une telle richesse au centre de l’Afrique. Le concept Rwanda is killing a , du coup, été vidé de sa substance assez noble de dénoncer l’agression rwando-ougandais. Il est devenu un simple jeu de loisirs et de railleries. On peut même louer le talent de l’artiste qui a pris le temps de couvrir la danseuse du groupe Quartier latin d’un drapeau congolais, un drapeau désacralisé.
Dans sa dernière tribune datée du 30 juin, jour de l’indépendance intitulé  » Comme une folle envie d’écrire le 30 juin », le journaliste et écrivain congolais Alain Djate écrit ce qui suit:
« Il se déroule une extinction massive des valeurs. Nous sommes devenus un pays à nivellement par le bas. C’est la rue qui pense, et les intellectuels se plient. Déjà, le vocabulaire du quotidien est façonné par la rue. Maintenant, et c’est bien là la pire des choses, c’est le mental collectif qui est façonné par la rue. Le règne massif du ‘’sans foi ni loi’’ nous envahit et nous assiège, nous qui avons pourtant les repères nécessaires pour édicter les lignes directrices nécessaires à l’épanouissement d’une société de valeurs. Pris de court, nous devenons des ‘’voyous instruits’’. Voyous quand il le faut, et instruits non pas quand nous le voulons, mais quand nous le pouvons. Enserrés dans une société sauvage, nous sommes plus voyous qu’instruits, tel que nous l’impose le rythme de la société dans laquelle nous vivons.
Oui, on a, totalement, touché le fond avec un peuple aussi inconscient car, l’inconscient est celui qui reste ferme dans une voie alors que la raison l’engage à s’y détourner.

Sam Nzita

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