FACE À LA GUERRE DE L’EST, AFUTONS TOUTES NOS ARMES

(Une tribune de Musene Santini Be-Lasayon)

Des marches de colère et des scènes de vandalisme, à travers certaines villes du pays, contre l’Occident et l’Onu. Car, ils n’auraient rien fait pour arrêter la guerre injuste que le Rwanda de Paul Kagame et l’Ouganda de Yoweri Museveni, commandités par quelques puissantes multinationales occidentales, nous mènent depuis bientôt 30 ans. Leur objectif: déstabiliser et humilier notre pays afin de s’emparer de nos minerais critiques et stratégiques très activement recherchés sur le marché mondial.

À première vue, ces actes que nous posons, bien qu’ignobles, sont justifiables et compréhensibles. Cependant, calculons-nous leurs conséquences directes et indirectes sur nous-mêmes?

Ne forgeons pas, nous-mêmes, nos chaînes

Nous demandons à l’Occident de s’impliquer davantage et activement dans la guerre de l’Est en vue de sortir le Congo, notre pays à nous, du gouffre dans lequel le Rwanda de Paul Kagame et l’Ouganda de Yoweri Museveni, derrière lesquels se retranchent quelques puissantes multinationales occidentales friandes de nos minerais critiques et stratégiques, l’ont précipité depuis bientôt 30 ans. En agissant ainsi, nous ne cherchons pas à libérer notre pays de l’emprise occidentale. Au contraire, nous forgeons de la sorte, nous-mêmes, nos chaînes. Car, lorsque nous aurons gagné la guerre mercantiliste de l’Est grâce à l’Occident, nous lui aurons ainsi donné, sans vraiment nous en rendre compte, toutes les raisons du monde de renforcer davantage sa domination sur nous.

De même, nous demandons à la Russie ou à la Chine de nous prêter mains fortes pour juguler cette guerre mercantiliste que le Rwanda de Paul Kagame et l’Ouganda de Yoweri Museveni, discrètement appuyés par quelques puissantes multinationales occidentales, nous imposent depuis bientôt 30 ans. Mais, nous oublions que nous forgeons ainsi, nous-mêmes, nos propres chaînes. Car, l’une ou l’autre des deux superpuissances mondiales précitées aura également, en cas de notre victoire grâce à elle, de fortes raisons de récupérer la place laissée vacante par l’Occident. Dans cette éventualité, nous n’aurions fait que changer de tutelle impérialiste. Nous serions donc tout simplement sortis d’un impérialisme que nous connaissons et qui nous abandonne dans le malheur pour entrer immédiatement sous le joug d’un nouvel impérialisme, russe ou chinois, que nous ne connaissons pas suffisamment et que nous croyons plus vertueux que le précédent.

Nous estimons que nous commettons, là, une erreur de jugement lourde de conséquences. Car, tous les impérialismes, quels que soient leur couleur et le visage qu’ils montrent à un moment donné ou à un autre de l’histoire, poursuivent le même but ultime: dominer politiquement, économiquement, socialement et culturellement les autres pays, surtout les plus faibles, en vue de les exploiter à leur guise.

Autrement dit, à quelques nuances près, tous les impérialismes sont les mêmes. Ils sont les monstres les plus froids des monstres. Ils laissent toujours, partout où ils passent, les mêmes empreintes indélébiles: sous-développement, pauvreté, misère, etc. Les pays colonisés et néocolonisés par l’Occident et ceux issus de l’ex empire soviétique comprennent bien ce que nous disons ici.

Or, notre souhait le plus ardent et le plus profond est de prendre, nous-mêmes, notre destin en mains pour notre propre bonheur.

Mais, comment nous en sortir?

Nous avons, parmi nous, des têtes très bien faites, capables de réfléchir sur l’avenir de notre pays et de dégager des pistes de solution à ce problème de la guerre mercantiliste de l’Est. En attendant leur pertinente intervention, voici quelques étapes importantes à franchir:

1) Cherchons et trouvons, nous-mêmes, les voies et moyens les meilleurs susceptibles de nous faire sortir, d’une manière ou d’une autre, de la guerre de pillage de l’Est;

2) Identifions et répertorions sérieusement, nous-mêmes, toutes ces puissantes multinationales occidentales qui arment le Rwanda et l’Ouganda afin de nous faire la guerre à cause de nos propres minerais critiques et stratégiques activement recherchés sur le marché mondial;

3) Tout en menant activement la guerre contre nos ennemis rwandais et ougandais que nous devons sortir de notre pays, cherchons à obtenir en même temps, coûte que coûte, de négocier nous-mêmes, non pas avec ceux-là, mais plutôt avec les présidences exécutives de ces puissantes multinationales occidentales et les gouvernements de leurs pays d’origine respectifs. Et ce, dans l’objectif de couper l’herbe sous les pieds du Rwanda et de l’Ouganda et de coopérer directement et officiellement, nous-mêmes, d’égal à égal, avec leurs commanditaires;

4) Demeurons ou entrons en relations diplomatiques et de coopération au développement stratégiques avec tous les pays utiles d’Amérique, d’Europe, d’Asie, d’Océanie et d’Afrique et particulièrement avec toutes les incontournables superpuissances mondiales;

5) En résumé, la haine de l’Occident et la guerre avec ses commissionnaires rwandais et ougandais ne résoudraient, en réalité, aucun des immenses problèmes qui nous étreignent. Au contraire, ils enfonceraient davantage notre pays dans l’abîme.
D’où, afûtons toutes nos armes: militaires, mais aussi et surtout politiques, diplomatiques, intellectuelles, etc. Et devenons plus réalistes, plus pragmatiques et plus actifs dans la recherche, par nous-mêmes, des solutions adéquates à nos divers problèmes et surtout à la guerre de l’Est.

Tout cela requiert, de la part de chacun de nous et surtout de chacune de nos autorités à tous les niveaux, un patriotisme et une volonté politique sincères et inébranlables.

MUSENE SANTINI BE-LASAYON

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