Des milliers de familles africaines déchirées

Rien qu’en juillet 2022, dans l’est de la République démocratique du Congo, 800 enfants ont perdu leurs parents en fuyant les combats entre groupes armés.

Violences, enlèvement, exploitation : les enfants livrés à eux-mêmes peuvent être confrontés aux pires abus.© DW/M. Gerth-Niculescu

« Les enfants sont particulièrement touchés », explique Barké Arjika qui travaille pour l’ONG Save the Children à Goma. « Et, au sein des personnes qui se déplacent, ce sont évidemment les plus vulnérables (…) vulnérables à la violence, au trafic, aux abus sexuels, aux enlèvements, à l’enrôlement forcé dans des groupes armés. Parfois aussi à la détention illégale ou à l’exploitation. La liste est donc longue ! »

Save the Children est l’une des nombreuses organisations qui soutiennent les familles qui font face à la disparition d’un proche. L’ONG est présente dans plus de 30 pays africains.

Des recherches longues et complexes

Dans le meilleur des cas, les familles sont réunies. Parfois, il s’agit d’établir un contact. Mais ce qui est certain c’est que les démarches peuvent prendre des mois, voire des années.

« Il faut chercher à l’intérieur et à l’extérieur du pays, voire à l’extérieur du continent, raconte Céline Doutrelugne, responsable auprès du Comité international de la Croix Rouge. Des personnes peuvent être incarcérées et être dans l’impossibilité de contacter leur famille. Ou bien il y a des problèmes logistiques : dans de nombreux endroits, il n’y a pas de connexion internet, il faut se rendre sur place. L’accès à certaines régions peut être difficile en raison d’infrastructures défaillantes ou de conflits. Les gens sont dispersés sur tout le continent, sans destination précise. Et puis il se peut aussi que la personne recherchée soit morte ».

Selon Céline Douterlugne, l’une des clefs pour espérer réunir les familles est la coopération au niveau local, national et international : « Il est important que les familles sachent où chercher et à quelles autorités s’adresser. Les autorités des pays doivent se coordonner et échanger des informations. En outre, il doit être possible de communiquer avec la famille ».

Miser sur la prévention

Sur ce dernier point, le développement du réseau de téléphonie mobile joue un rôle crucial, sachant qu’il suffit parfois d’un message pour débloquer une recherche et permettre à des familles déchirées de se retrouver.

Les organisations insistent également sur la prévention en amont : en sensibilisant les familles sur l’importance parfois vitale de rester unie, même aux pires moments, elles espèrent éviter de nouveaux drames.

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