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Déploiement des kits électoraux: Denis Kadima saboté de l’intérieur ?

Le président de la centrale électorale, Denis Kadima a-t-il été très naïf en gardant un grand nombre d’anciens collaborateurs de la CENI sous Nangaa et ses prédécesseurs proches du régime Kabila ? La question taraude l’esprit de plus d’un curieux et surtout des personnes et institutions qui ont suivi de près les préparatifs des scrutins combinés sur le plan technique et administratif. C’est le déploiement des kits électoraux ce mercredi 20 décembre, une journée électorale sur toute l’étendue de la République où l’on a enregistré des irrégularités dans plusieurs centres et bureaux qui a suscité cette interrogation. Le cas le plus épatant est celui de la ville province de Kinshasa, capitale des institutions, la CENI y comprise.

Plusieurs voix pensent que c’est inconcevable que le déploiement des kits électoraux le jour de vote pose problème dans la capitale. Un désordre indescriptible et jamais vu depuis que la République démocratique du Congo s’est lancée dans cet exercice démocratique dont le premier cycle remonte de 2006.

Les électeurs venus nombreux pour remplir leur devoir civique ont été d’abord surpris par le retard avec lequel ces machines à voter ou DEV ont été déployées. C’est le cas du centre électoral de l’institut Notre Dame de Fatima à l’Ifasic dans la circonscription de Lukunga à Gombe où les 9 premiers machines ont été déposées à 12 heures. Après plusieurs essais pour la réinitialisation par les techniciens, trop armateurs, certaines autres machines ont regagnées les installations de la CENI avant que d’autres n’arrivent vers 15 heures pour que le premier électeur soit reçu vers 16 heures. Puis se suivront des pannes à répétition devant les électeurs parmi lesquels l’on comptait des informaticiens du quartier. Révoltés, quelques uns parmi eux ont demandé aux agents de la CENI de leur céder la place pour plus de rapidité.

Un coup venu de l’intérieur ?

Quand l’on voit la configuration actuelle de la CENI à tous les niveaux: administratif, technique, financier, de la communication et autres, l’on s’aperçoit vite que Denis Kadima n’a pas, vraiment, fait un important aménagement au sein de la CENI. A part les membres de son cabinet, il a gardé la majorité du personnel qui a travaillé avec tous ses prédécesseurs dont le prophète de malheur Corneille Nangaa qui a des frères et sœurs agents et cadres de cette institution jusqu’à ce jour.

Le seul réaménagement assez important réalisé sous Denis Kadima est la désignation depuis le mercredi 11 octobre 2023 du nouveau Secrétaire Exécutif Provincial de la CENI/Kinshasa, Mme Nicole TSHIBOLA, qui avait pris ses nouvelles fonctions à l’issue d’une cérémonie de remise et reprise avec Mme Anne-Marie MUKWAYANZO, au siège du Secrétariat Exécutif Provincial (SEP) de Kinshasa situé sur l’avenue des Poids lourds à Kingabwa.

La passation des charges s’était déroulée sous la supervision de Francis KIKUNDA KENILUTU, en présence des cadres de la Centrale électorale.

Passant le témoin, après avoir accompli dix années au sein du SEP/Kinshasa, Mme Anne-Marie Mukwayanzo avait ,naturellement, souhaité un fructueux mandat à son successeur, l’invitant à sauvegarder les points forts de l’administration électorale provinciale pour la continuité de l’œuvre entamée. Cette élection est un vrai baptême de feu pour la jeune secrétaire provincial Nicole Tshibola.

Ce désordre observé le jour de l’élection pousse plus d’un curieux à établir un lien avec les propos des certains cadres de l’opposition dont Ferdinand Kambere, secrétaire général adjoint du PPRD qui ne jurait que par le report des élections. Voici ce qu’il déclara au lendemain de la publication du calendrier électoral en 2022 :

« Cette CENI qui a publié ce calendrier, pour nous c’est une CENI non consensuelle. Le régime actuel a voulu asseoir une crise, nous sommes en face d’une crise parce que même quand vous entrez dans ce calendrier vous allez trouver que c’est un calendrier irréaliste. On nous dit qu’on va enrôler plus au moins 50 millions d’électeurs en trois mois séquencé, si on prend chaque mois il faut enrôler 15 millions, c’est irréaliste dans un pays où les populations dans plusieurs villages sont en déplacement. Il y a une CENI qui voulait rejeter la responsabilité d’un régime qui ne veut pas organiser les élections. Le calendrier vient de mettre à nu cette fameuse CENI de l’union sacrée. Le processus doit rassurer tout le monde, dès lors que dans la volonté de ceux qui dirigent aujourd’hui n’ont pas voulu faire participer l’opposition, voilà où on est”, a déclaré Ferdinand Kambere à ACTUALITE.CD.

Deux mois avant la tenue des élections, certains cadres du FCC avaient été contraints de signer un engagement de fidélité à Joseph Kabila devant sa sœur Jaynet Kabila. Ces derniers devraient aussi rassurer à leur autorité morale de ne pas se présenter comme candidat dans tous les cycles électoraux.

Trop sûrs d’eux , deux hauts caporaux de Kabila, John Numbi et Corneille Nangaa avaient promis le report des élections et l’apocalypse, si jamais il y avait élections. Au vue de ces évidences, certains avertis pensent que Denis Kadima était entourés des mercenaires dans son institution et qui devraient passer à l’acte le jour de l’élection pour tout saboter.

Ainsi dit, une enquête à l’interne s’avère urgente au vue de la gravité des faits, afin d’établir les responsabilités de chaque acteur dans ce processus. Très préoccupé par la réussite de ce processus et toujours sous pression de toute part, Denis Kadima, très bon pour ne pas dire couillon, n’a pas vu venir ce coup fatal de l’intérieur. Comme pour dire, selon les Écritures Saintes: » l’ennemi de l’homme se trouve dans sa propre maison ».

Sam Nzita

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