Chamailleries !

Chamailleries !

La capitale provinciale du Nord Kivu a été secouée et continue à l’être de suite de l’éruption volcanique de Nyiragongo survenue le samedi dernier en début de soirée. Le bilan, évolutif, faisait état jusqu’hier, de plus de 30 personnes tuées. Pour un vulcanologue congolais qui a été invité par nos confères de Top Congo FM, l’éruption de samedi 22 mai 2021 est un avorton, c’est-à-dire, qui est arrivée plutôt que prévue. D’autant plus qu’à l’en croire, dans un volcan en activité comme celui de Goma, une éruption survient dans l’intervalle de 25 à 30 ans. Il en a pour preuve l’éruption des années 1972, suivie de celle de 2002. En principe, Nyiragongo attendrait 2027, au plutôt et 2032, plus tard, pour cracher du feu. Raison pour laquelle, estime l’expert congolais, les conséquences ont été relativement dramatiques.
Là n’est pas le sujet de la réflexion de votre quotidien. Le problème, ce qu’en République Démocratique du Congo, 60 ans après l’indépendance, les congolais ont toujours brillé par l’improvisation, le manque d’organisation, le manque de réactivité. Au pays de Lumumba, il n’y a jamais eu une structure de gestion des risques liés aux catastrophes naturelles qui, dans une situation de détresse, mobilise les autres structures connexes, pour faire face à la catastrophe. Les provinces étant dépourvues des moyens, il faut attendre qu’une délégation de l’exécutif central débarque sur le lieu, deux à trois jours voire plus, pour la prise en charge de la situation.
Au Congo-Kinshasa, quand survient une catastrophe, comme c’est le cas présentement à Goma, les congolais se mettent à se chamailler, on cherche le responsable, le bouc-émissaire, on pointe un doigt accusateur sur le ministre de la recherche scientifique, on s’agite à l’Assemblée nationale avec des questions orales et autres motions d’interpellation…Côté Gouvernement, on s’en défend bec et ongles. La tempête apaisée, on oublie tout. On entend une autre catastrophe pour indexer un autre responsable, en toute impunité et c’est le cercle vicieux. Il est temps qu’on s’organise. Sous d’autres cieux, les gens ont appris à prévenir et à gérer les risques liés aux catastrophes naturelles. Des centaines des milliers des gens sont déplacés des lieux des sinistres vers des lieux sûrs dans moins de temps.
L’armée et la police sont mobilisées ; les structures étatiques parées pour ces genres de situations se mettent en mouvement. Les secouristes et autres sapeurs-pompiers sont en branle, sans oublier le corps de volontaires.
Le volcan n’a rien à voir avec le changement climatique. Mais ce qui est sûr, c’est qu’avec le changement climatique qui s’annonce impitoyable, le pays fera face à des inondations et autres catastrophes. Sortons de cette éruption volcanique avec un draft de structure de gestion des risques liés aux catastrophes naturelles. Ce qui aiderait le Congo-Kinshasa d’anticiper certains événements et de minimiser les conséquences des catastrophes.
Qui peut comprendre qu’on a attendu l’éruption volcanique pour libérer les matériels de l’OVG, la structure de surveillance de l’activité volcanique qui étaient bloqués à la douane ? Qui Bon Dieu ?
La Pros.

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