Braquages, Kidnappings, vols à main armée, kuluna…: retour vers les bandes à Angwalima, Ngabidila, Wallace ?

Le jeudi premier mars dernier, des individus non identifiés ont tenté de braquer l’agence Western Union de l’établissement EquityBCDC à Bandal Tshibangu, à Kinshasa. Cette tentative a été contrée grâce à l’intervention rapide des forces de l’ordre, a annoncé la banque dans un communiqué.

Selon les premières informations disponibles, les assaillants ont été appréhendés. La banque a assuré que ses agents sont sains et saufs, et que l’agence sera opérationnelle dès le lendemain.

« Notre système de sécurité a permis aux forces de l’ordre d’intervenir rapidement. Nos agents se portent bien et notre agence sera accessible demain comme de coutume », a déclaré EquityBCDC dans son communiqué.

Comme à l’époque d’Angwalima, Ngobidila, Walace

L’un des braqueurs maitrisés

Les Kaba Kaba ou kidnappeurs

Les scènes des braquages, kidnappings, vols à main armée, kuluna font penser aux grands voleurs kinois. L’adjectif « grand » se justifie dans la mesure où il s’agit de grands voleurs connus depuis 1960 à Kinshasa. Sans tenir compte des milliers de petits voleurs de « poule » ou de « mimbata » dont les procès s’arrêtent souvent au niveau  des chefs de quartier ou des tribunaux de paix .
 En effet, depuis 1960 à nos jours, la saga de grands voleurs à Kinshasa  a tourné autour du fameux ANGWALIMA, et de la bande à « Wallace » de triste mémoire.
ANGWALIMA
C’est le voleur qualifié ou le cambrioleur qui a le plus défrayé les chroniques durant les années 1960 à Kinshasa, voire à travers toute la RDC. Tout Kinshasa connaissait les prouesses du redoutable voleur Angwalima. La presse en parlait. Il était devenu le client de la prison centrale de Makala, d’où il s’évadait souvent, avant de reprendre de plus belle son activité (vol). Ses victimes se recrutaient parmi la nouvelle classe  aisée habitant Kalina (Gombe). Certaines rumeurs laissaient entendre qu’il aurait même réussi à voler plusieurs fois à la résidence de l’ancien président Kasa-Vubu.
 Angwalima personnalisait tellement le vol au point où, à une certaine époque, son nom signifiait un voleur. Comme de coutume dans la société africaine, l’opinion associait ses exploits à un certains pouvoirs maléfiques.
LA BANDE À « WALLACE »
 Après Angwalima dont a oublié les conditions de sa disparition, le groupe de voleurs qui s’est fait remarquer à Kinshasa entre les années 1970 et 1980 est la bande à « Wallace ».
 Angwalima était un voleur au sens pénal du terme. C’est-à-dire qu’il dérobait des objets ou des biens à l’insu de leurs propriétaires. Par contre, les « Wallace« , BouddhaBalomona(Django),KulukangalaJean UniversitéApach, etc, etc, étaient des voleurs à main armée. Ils extorquaient , au besoin  tuaient leurs victimes. Leurs zones d’opération étaient les quartiers périphériques de Kinshasa. Leurs cibles : la classe moyenne (commerçants et fonctionnaires). Ce qui fut le cas avec la bande à « Kaba kaba  » dans l’affaire des Kidnappings qui a défrayé la chronique en 2023.

Même modus operandi


Le modus operandi de la bande à Wallace était plus ou moins sophistiqué et adapté à l’évolution de la société congolaise. Ils se renseignaient et effectuaient des repérages avant toute opération, menée souvent la nuit, à l’aide des armes louées auprès de certains soldats inconscients en mal d’argent. Ils se déplaçaient à bord des véhicules personnels ou des taxis extorqués, qu’ils abandonnaient après leurs forfaits .
Leur procès avait démontré qu’ils (surtout Wallace) étaient  de grands communicateurs. Si on retrouvait le film de leurs audiences, on pourrait en tirer une très bonne fiction. Tel est le cas, aujourd’hui avec le dernier braquage de l’Agence de EquityBCDC et les kidnappings. Les razzias menés par ces bandes se sont produits dans la commune de Bandalungwa dans les quartiers très mouvementés de Tshibangu et de Bisengo. Dans ces quartiers, l’on retrouve de plus en plus un fonctionnement assez particulier. Il a été constaté par certains ambianceurs qu’il se multiplie des bistrots où l’on retrouve les mêmes clients et de même sexe qui passent plusieurs heures sans trop attirer l’attention des nouveaux clients. Ces bistrots sont généralement situés sur les maisons en étage des fonds d’avance sur le boulevards Kasa-Vubu. Ces maisons réservées jadis aux familles indigènes comme résidence sont aussi transformées en maison de passe par des nouveaux occupants.

Des pistes utiles qui peuvent aider les services des renseignements de jouer à l’anticipation, enfin de démanteler ces réseaux qui prennent de plus en plus de l’ampleur et où sont aussi associées des filles mineures utilisées comme appâts.

De la bande à Wallace à Kaba Kaba, il n’y a qu’un pas!

Don Petit N’Kiar

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