Assemblée nationale: Mboso somme les députés du Grand Kivu et du Grand Katanga de quitter les groupes armés

Dans son message aux députés pour la première plénière de la session de mars ouverte depuis le 15 mars passé, le président de la chambre basse du Parlement n’a pas eu sa langue dans la bouche ce lundi 30 mars. Il s’est directement adressé aux députés du Grand Nord et du Grand Katanga en leur demandant de quitter les groupes armés d’où ils sont issus et qu’ils continuent à alimenter. Voici en intégralité le message du speaker de l’assemblée nationale.

Adresse de l’Honorable Président de l’Assemblée nationale lors aux Honorables Députés
nationaux lors de la séance plénière du lundi 29 mars 2021
Honorables Députés, Chers Collègues,
De par la volonté de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat,
Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, soutenu par les Honorables Députés que nous
sommes, et par l’ensemble du Peuple congolais, notre pays est entré dans une nouvelle ère de
changement appelé de tous nos vœux.
Il ne faut pas que ce changement, pour lequel nous nous sommes si tant investis, devienne un slogan
vide ni un vœu pieux creux, non suivi des résultats. Il devrait être vécu dans la réalité par nos
citoyens. Pour réaliser cette vision salutaire prônée par Son Excellence Monsieur le République,
Chef de l’Etat, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, nous avons l’impérieux devoir de
demeurer concentrés sur l’essentiel qu’attend notre peuple.
Honorables Députés, Chers Collègues
Pour que débutent les changements positifs, il nous faut une prise de conscience collective. C’est
par là que passent inéluctablement tout changement radical. Nous devons prendre conscience des
situations urgentes auxquelles cette volonté de changement est confrontée et qui requièrent une
attention soutenue de la part des élus du peuple. Il s’agit des urgences sécuritaires, humanitaires,
politiques et socio-économiques.
Des urgences sécuritaires exigent que la paix et la sécurité soit rétablies dans les provinces du Nord,
de l’Est et au nord du Grand Katanga où les groupes armés et les terroristes de l’ADF continuent à
décimer notre population. Ces activités armées s’accompagnent des crises humanitaires sans
précédents en l’occurrence les déplacements des populations, la paupérisation des citoyens et la
famine généralisée.
Honorables Députés, chers Collègues,
Lors de l’ouverture de notre session, nous avions dit que l’Assemblée nationale mettra en œuvre la
diplomatie parlementaire pour contribuer au rétablissement de la paix dans notre pays. Pour réussir
ce défi, l’Assemblée nationale lance également un appel pathétique à tous les compatriotes
impliqués d’une manière ou d’une autre dans les massacres de notre population. Nous exhortons
tous nos compatriotes congolais qui collaborent, de près ou de loin, avec les groupes armés et les
groupes terroristes toujours actifs à l’est de notre pays, de les quitter définitivement pour prouver
leur attachement à la patrie et leur amour pour notre peuple. Il ne faut pas que les congolais se
montrent complices de ceux qui tuent et massacrent à longueur des journées nos sœurs et nos frères.
Dans ce même ordre d’idées, l’Assemblée nationale s’emploie à demander à notre gouvernement
à accélérer le programme « Désarmement, Démobilisation et Réinsertion », en sigle « DDR » et
d’aider nos compatriotes qui vont quitter les groupes armés ou arrêter leur complicité avec eux afin
qu’ils aient une occupation digne pour nourrir leurs familles et participer au progrès et au
développement de notre pays.2
Il va ainsi sans citer les crises socio-économiques des populations confrontées à toutes ces tristes
réalités. Il suffit de scruter l’actualité au sujet des dernières pluies qui se sont abattues dans la ville
de Kinshasa et qui ont emporté des maisons et entrainé des pertes en vies humaines pour se rendre
davantage compte que notre peuple, nos électeurs ont besoin de nous et des actions concrètes de
notre part en leur direction.
S’agissant des urgences politiques, devrais-je rappeler que nous avons tous ensemble placé cette
session sous le signe des réformes institutionnelles et électorales qui devraient se faire le plus
rapidement pour faciliter la tenue des élections dans le meilleur délai.
Combien de temps nous faut-il encore pour que tous ces drames arrivent à atteindre et bouger notre
conscience, afin d’accrocher toute l’attention de notre action en ce moment précis de l’histoire de
notre pays. Le moment n’est donc pas à la distraction.
Honorables Députés, chers Collègues,
Il s’observe qu’une certaine opinion est gagnée par l’impatience, s’agissant de la formation du
Gouvernement, le tout premier de l’Union sacrée de la Nation. La mise en place d’un nouveau
Gouvernement de la République est, certes, une nécessité, mais ne devrait pas nous faire perdre
de vue que, le faisant, ce dernier ne soit à l’origine des dissensions au sein de la nouvelle majorité.
Il est appelé à répondre aux équilibres ainsi qu’aux exigences constitutionnelles de représentativité
nationale et du genre. Ce qui nous éviterait d’assister encore une fois, comme par le passé, aux
réactions revendicatives des ressortissants de certaines provinces ou de certaines catégories
sociales.
Le Gouvernement de l’Union sacrée de la Nation demande dans sa composition des vertébrés. Ce
n’est donc ni un problème de classe politique, encore mois de manque compétences.
C’est ici l’occasion pour nous, au nom de l’Assemblée nationale et des Honorables Députés de
saluer et de remercier le Gouvernement américain pour sa décision salutaire déclarant
officiellement le groupe ADF comme groupe terroriste. Nous sommes convaincus que les Etats
Unis d’Amérique et les autres partenaires bilatéraux et multilatéraux de notre pays vont poursuivre
cet élan pour aider la République Démocratique du Congo à éradiquer le règne de la violence
installé à l’est de notre pays.
Je vous remercie.
Palais du Peuple, Kinshasa, 29 mars 2021.
Honorable Christophe MBOSO N’KODIA PWANG

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