Adoption du projet de loi sur la liberté de la presse : les préalables, selon Patrick Muyaya, pour bénéficier des subventions du gouvernement dans le cadre de la viabilité des médias

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Patrick Muyaya, ministre de la communication et des médias. Ph. Droits tiers

PAR DESKECO

Le gouvernement de la République a adopté le projet de loi modifiant et complétant la loi n°96-002 du 22 juin 1996 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse. Cette loi vise à conformer le secteur des médias à l’évolution de nouvelles technologies de l’information et de la communication, et à encadrer entre autres l’exercice de la presse en ligne.

Parmi les innovations contenues dans ce texte, il y a la promotion de la viabilité économique des organes de presse pour garantir, d’une part, les intérêts des entrepreneurs, et d’autre part, les exigences fondées sur le développement de vecteurs économiques stables en faveur des employés.

Au cours d’un échange avec la presse, le ministre de la communication et médias a été interrogé sur quoi consisterait cette viabilité. Le porte-parole du gouvernement est revenu sur les préalables à remplir pour espérer bénéficier de la subvention de la part du gouvernement.

 » Dans cette loi, il est prévu que le gouvernement accorde des subventions aux médias mais le gouvernement ne peut accorder des subventions aux médias qu’il ne connaît pas. Lorsque je parle de connaissance des médias ici, c’est au sens administratif du terme. Les médias doivent être connus du ministère, ils doivent bénéficier des avis favorables des recepicés et toutes les conditions qui sont remplies pour qu’on arrive à cette fin. Aujourd’hui, nous avons bouclé le processus de l’assainissement du secteur des médias, il est juste question que nous décidions de la fermeture de certains. Nous sommes en train de prendre des dispositions pour ce faire parce que malheureusement nous serons obligés d’y arriver « , a expliqué Patrick Muyaya devant la presse ce lundi 17 octobre.

A l’en croire, il y a des médias qui n’existent que de nom et n’ont aucune existence légale.

 » Le besoin qu’il y a et c’est ce que nous avions dit aux Etats généraux, c’est de nous regarder dans les yeux et de nous dire est-ce que c’est environnement de foisonnement des médias nous permet d’évoluer de manière viable pour dire économiquement ? De quoi vivent les médias ? (…) Quelle est la marge publicitaire ? Quel est le marché publicitaire dont les médias disposent ici ? Il est étroit malheureusement les médias souffrent aussi du contexte général de pauvreté dans lequel se trouve ce pays « , a-t-il déclaré. 

Il a affirmé qu’il ne peut pas y avoir des médias riches dans un contexte de pauvreté. Il note que plusieurs chaînes appartiennent à des hommes de Dieu et d’autres aux politiciens qui, parfois en violation des règles établies.

 » Lorsque nous allons sévir, il ne faut pas que les gens considèrent que nous sommes en train de brimer l’exercice de la liberté de la presse au contraire, nous sommes en train de l’encadrer pour être sûr que lorsque nous déciderons de donner des subventions aux médias qu’on soit en mesure de les lister, on sait qu’il y a 100, on va donner à 100 mais lorsqu’il y a 260, le partage dévient compliqué « . 

Pour Patrick Muyaya, l’adoption de ce texte est un point de départ du changement voulu par plusieurs dans le secteur des médias :  » Il faudrait qu’on voit avec vous justement les praticiens du métier, voir dans quelle mesure on peut nous assurer que notre média, nos médias soient bien réorganisés et comme ça on peut bien discuter avec la FEC (Fédération des Entreprises du Congo) ou tout ce qui ont besoin de nos services pour la publicité et fixer un standard minimum parce que vous vous allez dans votre média vous dites 100 USD mais on va dans un autre média qui dit,  donnez moi 20 USD, comment on va faire ? C’était un long sujet lors des états généraux et je crois que le débat va continuer « . 

Pour rappel, lors des états généraux organisés en janvier dernier, il a été question de dégager des propositions des réformes pertinentes touchant au régime juridique des médias en général et de la presse en ligne en particulier, au statut du journaliste, à la dépénalisation des délits de presse qui pourra être précédée d’un moratoire dont les modalités d’encadrement feront l’objet d’une concertation entre le gouvernement et les organisations professionnelles, à la modernisation des médias publics, et aux défis de la presse congolaise. Au total, 80 résolutions et recommandations ont été adoptées à l’unanimité par la plénière. 

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