350.000 USD de l’Idemia, coincent la SG Inzun Okombz au Parquet

La Secrétaire générale à l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, mandataire à la Commission nationale de l’emploi pour étranger (CNEE), Angélique Inzun Okomba, se trouve devant la justice pour rétention illégale d’une somme de 350.000 dollars des frais de dossiers liés à l’octroi des permis de travail.

Devant le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe où elle est poursuivie, la Société Idemia, imprimeur des cartes de travail pour étrangers lui réclame 350.000 dollars, précise Mediacongo.net.

Selon la plainte déposée contre elle, c’est depuis le mois de décembre 2019 que Inzun Okomba a décidé, unilatéralement et sans autorisation préalable de la tutelle, de suspendre les versements de l’intégralité des fonds dus à la Société Idemia.

L’argent gardé par le comptable public

Dans sa lettre adressée à la Société Idemia en date du 7 octobre 2020, la Secrétaire générale a donné sa version :
« En effet, le sens de responsabilité nous commande de ne pas préfinancer l’impression de carte afin d’éviter qu’en cas de rupture de contrat nous ne nous retrouvions avec des cartes non imprimées alors qu’elles ont été entièrement payées. Vous pouvez constater avec moi que nous ferions face à une sérieuse difficulté pour régler un tel litige, en l’absence de mécanisme approprié. En conclusion, l’argent en consignation n’est pas gardé par devers nous mais bel et bien par le Comptable public des recettes, prêt à vous servir en temps opportun », a-t-elle écrit en guise de justification.

Idemia, une attente élastique de paiement

Ayant longtemps attendu sans succès le paiement, l’affaire été portée à la connaissance de la ministre d’Etat en charge de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, Néné Ilunga Nkulu. Celle-ci a ordonné, sans succès, à la Secrétaire générale de remettre l’imprimeur dans ses droits.
La ministre Néné Ilunga Nkulu n’a pas hésité à attirer l’attention de Madame le Secrétaire général par sa correspondance du 27 janvier 2021:

 » J’attire votre attention sur le fait que cette décision unilatérale est une violation de l’article 4.3 du Contrat de délégation de service public signé entre la République Démocratique du Congo et la Société Idemia ainsi que la Convention de partenariat conclue entre les deux parties en son article 6« , a-t-elle dit dans son courrier.

240.000 dollars consignés par Comptable public

Devant le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe où la Secrétaire générale a été accusée et s’est présentée après une deuxième Convocation, le plaignant et les magistrats ont découvert une autre réalité : « une partie de l’argent a été détournée ».

« D’une part, le comptable public des recettes a reconnu avoir seulement consigné 240.000 dollars. Mais, d’autre part, les sommes prétendument consignées n’étaient pas dans son coffre-fort. Car, Madame le Secrétaire général a pu présenter environ 100.000 dollars le jeudi 12 mars dernier en faisant la proposition de signer un acte de reconnaissance de dette pour le reste », ont confié des sources judiciaires.

Les mêmes sources précisent que Madame Inzun a finalement reconnu avoir affecté une partie des sommes lui réclamées aux dépenses de fonctionnement de l’Administration. Ça s’appelle détournement! Ça s’appelle magouille! Rien d’autre!, disent-elles.

Environ 170 millions de dollars de manque à gagner!

La Secrétaire générale Inzun semble mal en point et n’a plus ses deux pieds sur terre.
Le tableau annexé à la lettre transmise au Parquet par la Société Idemia fait part d’un manque à gagner des recettes de l’Etat sur les taxes des permis de travail des étrangers non délivrés estimé à 170 millions de dollars.
Selon les PV de la CNEE consultés par la société entre 2018 et 2020, seulement 2 provinces sur 26 semblent afficher une présence de travailleurs étrangers, notamment le Grand Katanga avec 52% et Kinshasa avec 41%.

Le reste du pays représente 7%. Selon cette note, « sur un nombre de 100.000 permis de travail pour étrangers par an prévu au contrat, la CNEE octroie moins de 10% de ces permis de travail ». Seulement 7.602 permis ont été octroyés et 2.233 cartes demandées en 2018 contre 9.601 permis délivrés et 5.079 cartes demandées en 2019 et 5.824 permis accordés et 3.418 cartes requises en 2020.

2 ans sans obtention de carte de permis de travail

Alors qu’un délai de 32 jours maximum est requis dans la procédure légale d’acquisition de la nouvelle carte biométrique de travail pour étranger, le tableau sus-évoqué fait constater que pour la moitié de requérants, leurs permis de travail accordé par la CNEE pour un délai des 2 ans expire sans jamais avoir reçu leur carte de travail en l’absence de l’émission de la liste de capture, qui doit être émise par le ministère de l’Emploi.
Après deux ans, certaines Notes de perception DGRAD, pourtant délivrées en bonne et due forme, et présentées dans le dossier, ne sont pas certifiées par le Comptable public du Trésor du ministère de l’Emploi.

A titre illustratif, la note cite le cas de la société Kibali Gold Mines. « Sur l’année 2018, la CNEE a octroyé 275 permis de travail sur PV. Seuls 35 de ces 275 requérants seront repris sur la liste de capture avant l’échéance des 2 ans de validité du permis de travail. Les Notes de perception sont pourtant dans les dossiers », lit-on dans ce document qui relève autant d’anomalies dans la gestion de ce domaine censé pourtant renflouer les caisses de l’Etat.

Dans les couloirs de l’Administration, on soupçonne l’existence d’un réseau parallèle d’octroi de ces permis.

De 700 à 2.500 dollars, le prix de permis

Le prix d’un permis de travail pour étranger varie entre 700 et 2.500 dollars. La dernière catégorie est délivrée aux étrangers travaillant dans le secteur minier.
Voilà comment l’argent échappe au Trésor public et celui qui sort du Trésor échappe aux ayant-droits.
Gel Boumbe

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