L’eau c’est la vie, dit-on.
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Dans de nombreuses contrĂ©es du monde, la pluie est espĂ©rĂ©e comme les mannes du ciel, et la guerre de l’eau est mĂȘme prĂ©dite par les spĂ©cialistes.
Mais chez nous en RDC, singuliĂšrement Ă Kinshasa, la pluie charrie des malheurs plus qu’autre chose. Au point qu’on redoute le moment oĂč les premiers grondements du tonnerre se font entendre dans un ciel assombri par de lourds nuages, et que les vents se lĂšvent, soulevant la poussiĂšre et faisant virevolter les immondices qui pavent nos rues.
Panique gĂ©nĂ©rale ! On se dĂ©pĂȘche de rentrer chez soi. Les transports sont pris d’assaut, tandis que les automobilistes s’affolent, rendant les embouteillages encore plus solidement nouĂ©s que les cordes des marins.
C’est le calvaire qui commence pour les habitants de nombreux quartiers oĂč l’urbanisation fait dĂ©faut, et mĂȘme ceux des communes qui jadis valurent Ă la capitale l’appellation « Kin la belle ».
Le bilan des pluies, dĂ» Ă l’anarchie urbanistique et Ă la concussion des services Ă©tatiques, est toujours lourd : inondations, ravins, routes coupĂ©es, et surtout beaucoup de morts que l’on pourrait Ă©viter.
Et cela se rĂ©pĂšte d’annĂ©e en annĂ©e, comme une fatalitĂ©âŠ
đđšđźđŹ đ§đ đŹđšđŠđŠđđŹ đ©đđŹ đđ±đđźđŹđđđ„đđŹ !
Ă une Ă©poque oĂč ailleurs l’on construit des Ăźles artificielles sur la mer et l’on perce des tunnels sous l’ocĂ©an, les intempĂ©ries de Kinshasa ne sont pas la mer Ă boire…
D’ailleurs on nous avait appris Ă l’Ă©cole qu’une grande partie des terres sur lesquelles vit le peuple hollandais se trouvent sous le niveau de la mer.
Notre incapacitĂ© Ă dompter notre propre environnement, alors que le savoir-faire et les outils techniques sont disponibles, rĂ©vĂšle une inaptitude Ă nous prendre en charge qui plonge ses racines dans les antivaleurs qui assomment la sociĂ©tĂ© congolaise. Elle menace notre survie en tant que communautĂ© d’humains.
Nos ancĂȘtres, eux, maĂźtrisaient la ronde des saisons et savaient s’en prĂ©munir pour survivre…
Charles Kabuya





